Concevoir une architecture pleinement liée à un paysage implique d’abandonner l’idée d’un terrain neutre. En contexte rural, forestier ou montagnard, le projet naît d’éléments déjà présents : arbres remarquables, pentes affirmées, structures existantes, zones d’ombre et d’ensoleillement, qualité des sols. 

Simon Barret Architecte  À Lescun, dans la vallée d’Aspe, Simon Barret Architecte transforme deux granges bergères adossées à la pente en un refuge familial et un dortoir estival. L’ensemble, typique des estives pyrénéennes, s’ouvre sur le cirque de Lescun et retrouve une vocation d’abri après une longue période d’abandon. L’intervention s’appuie sur la matérialité pierre/bois et sur une reconversion fidèle aux volumes existants, tout en intégrant des usages contemporains.

Fernanda Canales  À Valle de Bravo, au Mexique, Fernanda Canales imagine House 720 Degrees comme un dispositif géométrique et optique qui double le parcours visuel ordinaire. Le projet naît d’un patio central et de la façon dont les mondes intérieur et extérieur peuvent interagir. Pensée comme une horloge solaire enregistrant le passage du temps, cette maison autonome se transforme au fil de la journée : elle oriente ses ouvertures vers la montagne et le volcan visibles depuis le périmètre extérieur, puis, une fois la nuit tombée, se recentre autour de sa cour circulaire.

Atelier Victoria Migliore  À Pouilly, dans le Vexin, Atelier Victoria Migliore transforme une bâtisse en moellons et silex adossée à une colline boisée, où l’ombre domine une grande partie de la journée. La maison d’origine, marquée par une charpente ancienne et une matérialité brute, a été réhabilitée avec l’objectif de révéler son identité plutôt que de la modifier. Les cloisons et revêtements ajoutés au fil du temps ont été déposés pour libérer les volumes et restituer la texture minérale du bâti. L’enduit retiré et les volets décapés mettent en lumière les éclats de silex et les irrégularités du moellon, redonnant à la construction son ancrage dans le paysage du Vexin.

Atelier Quatre et r2k architectes Sur un ancien camping municipal de trois hectares situé près d’un lac et bordé d’un boisement dense, Atelier Quatre et r2k architectes réalisent un centre de loisirs avec hébergement pensé comme une immersion dans le paysage. Inauguré en octobre 2025, l’équipement accueille jusqu’à 200 enfants et fonctionne à la fois pour les temps périscolaires et les classes vertes. Le site conservé dans sa configuration originelle, notamment ses arbres remarquables et quatre des anciennes maisons, sert de socle à une architecture fondée sur des matériaux naturels, une sobriété constructive et une forte continuité d’usage récréatif.

Aborder un bâtiment existant revient d’abord à en comprendre la structure, les matériaux, l’histoire, et surtout les limites imposées par son état ou par son contexte urbain. Maison individuelle, ensemble urbain dense ou résidence patrimoniale : ces opérations partagent une même exigence de justesse face à l’existant. Loin d’un modèle unique, elles révèlent une pluralité de démarches, où la transformation repose sur l’analyse fine du bâti, la maîtrise des ressources et une attention constante portée aux usages, au contexte et à la mémoire des lieux.

Conçue entre 1926 et 1929, la résidence Le Calvaire figure parmi les premiers ensembles de logements sociaux édifiés à Toulouse. Situé au 159 rue du Férétra, dans le quartier d’Empalot, cet ensemble remarquable par son écriture Art Déco fait aujourd’hui l’objet d’une réhabilitation d’envergure menée par Toulouse Métropole Habitat, avec une maîtrise d’œuvre architecturale confiée à Le 23 Architecture. L’opération vise à conjuguer préservation patrimoniale, amélioration du confort et performance environnementale, sans altérer la lecture historique des bâtiments.

La réhabilitation lourde du « 206 Lafayette », menée par le Groupe Redman pour La Financière Saint-James et le groupe Madar, vient d’être distinguée aux Grands Prix SIMI 2025 dans la catégorie « immeuble mixte tertiaire ». Cette opération d’environ 10 300 m², conçue par DATA Architectes et THINK TANK Architecture, avait déjà reçu le Prix d’Architecture 10+1 et l’Équerre d’Argent 2024. Le jury récompense une transformation complexe portant sur neuf bâtiments hétérogènes dont les niveaux de vétusté, les matériaux et les écritures architecturales différaient fortement. Le projet, initié avant l’adoption du PLU bioclimatique de Paris, en a toutefois anticipé les grands principes en privilégiant la conservation, le réemploi et la performance environnementale.

À Carry-le-Rouet, sur la Côte Bleue, l’agence AT – Céline Teddé & Jérôme Apack architectes signe Le Très Petit Collectif, un projet de transformation qui prend le contrepied des logiques de démolition-reconstruction. À partir d’une maison familiale construite dans les années 1950, le projet propose la création de trois logements indépendants, en s’appuyant sur l’existant et en limitant strictement l’impact sur le sol et le paysage pavillonnaire.

À mesure que la santé s’impose comme un enjeu public majeur et que les parcours de soin se complexifient, l’architecture est attendue ailleurs que sur le seul terrain de la performance technique. Dans les établissements de santé, comme dans les lieux de travail ou l’habitat, la question n’est plus seulement de construire « conforme », mais de concevoir des environnements qui réduisent la fatigue, rassurent, facilitent l’orientation, préservent l’intimité et soutiennent des rythmes de vie plus stables. 
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