La terre crue revient dans les projets contemporains moins comme une image de retour aux sources que comme une réponse technique à plusieurs contraintes actuelles : réduire l’empreinte des matériaux, améliorer le confort d’été, travailler avec les ressources disponibles et donner aux bâtiments une présence plus ancrée. 

À Coulommiers, en Seine-et-Marne, Ylé a imaginé un projet de rénovation et d’extension d’un pôle éducatif dans le quartier des Templiers, finaliste de la consultation internationale « Quartiers de demain ». L’agence, plus jeune structure sélectionnée dans le cadre de cette consultation, n’a pas été lauréate, mais sa proposition éclaire néanmoins la méthode de l’agence : partir de l’existant, limiter les démolitions et faire de l’école un équipement public capable de structurer la vie du quartier. Baptisée l’École des Éléments, l’opération proposée réunit une école maternelle, une école primaire et une crèche, issues de la reconstruction de l’école maternelle Jean de la Fontaine, de la crèche, de l’ALSH et de la fusion avec l’école Jéhan de Brie.

À Paris, dans le quartier de Beaugrenelle, La Poste Immobilier confie à nunc architectes la réhabilitation du pavillon Keller, ancien édifice inscrit dans un ensemble immobilier sur dalle construit à la fin des années 1960. Le projet s’intègre à une opération plus large comprenant une dalle paysagée ouverte au public et deux niveaux sous dalle dédiés à une plateforme de logistique urbaine. Ici, l’enjeu n’est pas de remplacer l’existant, mais de le transformer en conservant ce qui peut l’être et en travaillant l’enveloppe avec des matériaux issus du réemploi, biosourcés et géosourcés.

À Évry-Courcouronnes, le pôle enfance et sportif du Parc des Loges, conçu par HEMAA Architectes, inscrit la terre crue au cœur d’un équipement public dédié aux enfants, aux familles et aux usages sportifs. Livré en août 2025, le projet réunit un accueil de loisirs primaire, un espace maternelle, un relais d’assistantes maternelles, une restauration collective, des salles d’entraînement et une tribune de stade de 300 places. Implanté dans le parc des Loges, il ne cherche pas à imposer un volume unique, mais à composer avec la pente, les arbres et les parcours existants.

Longtemps dominé par des logiques de rendement et de standardisation, le logement collectif connaît aujourd’hui une inflexion nette. Sous l’effet combiné de la raréfaction du foncier, des exigences environnementales et des attentes accrues des habitants, les architectes développent des réponses plus situées, plus fines, qui reconfigurent autant la forme des bâtiments que leurs usages.

Livré en décembre 2023 au cœur du quartier Saint-Cyprien à Toulouse, le projet « Cour du Dôme » porté par Taillandier Architectes Associés propose une lecture contemporaine du collectif à l’échelle d’un îlot longtemps fermé. Sur l’ancien site de l’Institut Claudius Régaud, libéré en 2014, l’opération rassemble 226 logements du T2 au T5, une résidence hôtelière Adagio 4 étoiles de 114 chambres et sept commerces, dans un environnement marqué par la présence de l’ensemble patrimonial de La Grave.

À Montpellier, au 470 rue de la Croix Lavit, l’Agence Clausel-Borel développe avec le projet des « Restanques » une approche du logement qui s’appuie sur le site et ses contraintes. Livré à l’issue d’un processus engagé entre 2014 et 2021, l’ensemble regroupe 50 logements, dont 10 logements sociaux portés par Promologis et 40 logements en accession réalisés par Urbat, dans un quartier marqué par de forts dénivelés.

Livré dans la ZAC des Îlots Verts à Saint-Priest, le programme de 37 logements locatifs conçu par l’Agence Clausel-Borel pour La Foncière Logement interroge les formes contemporaines du collectif. Lauréat d’un concours en 2017, le projet s’inscrit sur une parcelle longue et étroite, marquée par une figure de proue à l’angle de deux rues, dans un environnement mêlant tissus urbains de différentes époques. La réponse architecturale s’appuie sur une organisation autour d’un jardin central, conçu comme un espace commun structurant. Plus qu’un simple aménagement paysager, ce cœur d’îlot joue un rôle distributif et d’usage, créant une respiration dans le quartier et un point de convergence pour les habitants. Dans le prolongement de la rue Boileau, il ouvre des perspectives visuelles et participe à l’inscription du projet dans une continuité urbaine élargie.

Face aux exigences environnementales qui redéfinissent aujourd’hui les conditions de production du bâti, le bois s’impose comme un matériau structurant d’une nouvelle culture constructive. Sa montée en puissance ne relève plus seulement d’une recherche d’image ou d’une esthétique associée au naturel : elle engage des choix techniques, économiques et territoriaux qui transforment les modes de conception des ouvrages. 

Au sein de la transformation de l’ancienne Caserne Mellinet à Nantes, Ramdam et Palast livrent un ensemble de 81 logements qui affirme une approche constructive articulant structure bois et façades en béton de chanvre enduit. Implanté dans le hameau Chapus, à l’interface entre le faubourg Saint-Donatien et le cœur du nouveau quartier, le projet participe à la recomposition d’un site militaire en quartier d’habitation, tout en contribuant à définir une identité architecturale cohérente entre les différentes opérations.
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