Livré en décembre 2023 au cœur du quartier Saint-Cyprien à Toulouse, le projet « Cour du Dôme » porté par Taillandier Architectes Associés propose une lecture contemporaine du collectif à l’échelle d’un îlot longtemps fermé. Sur l’ancien site de l’Institut Claudius Régaud, libéré en 2014, l’opération rassemble 226 logements du T2 au T5, une résidence hôtelière Adagio 4 étoiles de 114 chambres et sept commerces, dans un environnement marqué par la présence de l’ensemble patrimonial de La Grave.

Le projet prend place dans un secteur où les bâtiments classés structurent fortement le paysage urbain, entre le musée des Abattoirs et l’Hospice de La Grave. Dans ce contexte, la transformation de l’îlot ne se limite pas à une opération immobilière : elle repose sur une réouverture physique et visuelle d’un site enclavé. L’implantation s’inscrit dans la continuité des études urbaines menées par Joan Busquets, visant à reconnecter les espaces publics de la rive gauche de la Garonne. Cour du Dôme réintroduit des traversées piétonnes et restaure une porosité disparue, permettant de relier la Prairie des Filtres, le jardin Raymond VI et le musée des Abattoirs.

Cette stratégie repose sur un travail précis de composition. L’îlot s’organise en lien avec la trame des cours historiques de l’hôpital de La Grave, tout en dialoguant avec la morphologie plus classique du quartier Saint-Cyprien. L’écriture architecturale cherche un équilibre entre continuité et transformation : les volumes reprennent la massivité des bâtiments hospitaliers, tandis que leur découpage et leurs ouvertures introduisent une relation directe avec le paysage urbain.

Le système bâti s’appuie sur une trame régulière, qui structure les façades et permet l’intégration de loggias profondes. Ces retraits offrent des espaces extérieurs privatifs tout en participant à la respiration visuelle de l’ensemble. La matérialité joue un rôle central : la brique foraine, caractéristique de Toulouse, est déclinée en trois teintes afin de s’inscrire dans les nuances du site historique. Les éléments de modénature en brique moulée ou découpée produisent des variations d’ombre, tandis que les attiques en béton préfabriqué et aluminium assurent une transition avec le ciel.

Au cœur du dispositif, une grande cour végétalisée structure les relations entre les bâtiments. Inspirée de l’organisation hospitalière existante, elle devient un espace partagé qui apporte lumière, fraîcheur et vues croisées entre les logements. La réduction de l’emprise au sol de 30 % et la plantation de plus de cinquante arbres participent à la renaturation du site et à son appropriation par les habitants.

L’implantation des volumes met également en scène le dôme de la chapelle Saint-Joseph. Des percées visuelles et des alignements permettent de cadrer ce repère depuis l’espace public comme depuis les logements, jusqu’à la cour intérieure où un axe visuel majeur structure les perspectives. Le prolongement de la rue Piquemil redonne ainsi aux habitants un accès visuel direct à ce monument.

 

Visuels © : Roland Halbe



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