À Saint-Priest, l’Agence Clausel-Borel construit le collectif autour d’un cœur d’îlot partagé Livré dans la ZAC des Îlots Verts à Saint-Priest, le programme de 37 logements locatifs conçu par l’Agence Clausel-Borel pour La Foncière Logement interroge les formes contemporaines du collectif. Lauréat d’un concours en 2017, le projet s’inscrit sur une parcelle longue et étroite, marquée par une figure de proue à l’angle de deux rues, dans un environnement mêlant tissus urbains de différentes époques. La réponse architecturale s’appuie sur une organisation autour d’un jardin central, conçu comme un espace commun structurant. Plus qu’un simple aménagement paysager, ce cœur d’îlot joue un rôle distributif et d’usage, créant une respiration dans le quartier et un point de convergence pour les habitants. Dans le prolongement de la rue Boileau, il ouvre des perspectives visuelles et participe à l’inscription du projet dans une continuité urbaine élargie.Deux bâtiments encadrent ce jardin. Au sud, un volume en R+4 avec attique accompagne la longueur de la parcelle et en souligne la position en entrée de ville. Sa forme oblongue, évoquant celle d’un bateau, adoucit l’angle et marque la transition entre les espaces urbains. Au nord, un ensemble en R+2 avec attiques développe une échelle plus domestique. L’ensemble est fragmenté en cinq plots, afin de s’ajuster aux gabarits environnants et d’éviter une masse bâtie continue.Les failles entre ces plots structurent les circulations verticales et participent à la mise en relation des habitants avec leur environnement. Ouvertes sur l’extérieur, elles favorisent les vues traversantes et instaurent des parcours où les déplacements deviennent des moments de contact avec le paysage urbain. Cette disposition traduit une attention portée aux espaces intermédiaires, souvent déterminants dans la qualité du vivre-ensemble.Le projet articule deux modes d’habiter. Au sud, un habitat collectif classique ; au nord, un habitat intermédiaire conçu comme une superposition de logements individuels. Ces derniers sont desservis par des escaliers extérieurs semi-individualisés, à raison de deux logements par niveau. Ce dispositif permet de travailler la notion de seuil et de gradation entre espace privé et espace partagé, en multipliant les situations de transition. Les logements bénéficient tous d’un rapport direct à l’extérieur. Les circulations sont éclairées naturellement et ouvertes sur le paysage. Les appartements intermédiaires sont traversants et, pour certains, à triple orientation. En rez-de-chaussée, les logements s’étendent sur deux espaces extérieurs distincts, au nord et au sud, renforçant les usages quotidiens liés au plein air. Visuels © : Nicolas Borel Précédent Suivant