À l’occasion du Salone del Mobile 2026, qui se tiendra à Milan du 21 au 26 avril, Bonaldo dévoilera une nouvelle série de pièces où la dimension sculpturale du mobilier occupe une place centrale. À travers les créations de Mauro Lipparini et Fabrice Berrux, l’éditeur italien poursuit son exploration de formes capables de structurer l’espace intérieur au-delà de leur seule fonction. Tables et assises s’y lisent comme des objets autonomes, presque totémiques, où la présence formelle participe directement à la définition de l’environnement domestique.

À l’occasion de la foire d’art et de design TEFAF Maastricht, la galerie Friedman Benda consacre un stand monographique au studio Formafantasma. Intitulée Formation, cette installation immersive explore les origines matérielles du mobilier et la manière dont une simple planche de bois peut devenir le point de départ d’un langage contemporain. Une réflexion sur la matière et la transformation des ressources qui s’inscrit pleinement dans les débats actuels autour d’un design plus responsable.

Le travail de la designer Florence Bourel s’inscrit dans une pratique du design fondée sur le réemploi des matières et la collaboration étroite avec les artisans. Ses créations, développées avec plusieurs maisons et éditeurs, transforment des matériaux issus de rebuts ou de fins de collections en objets décoratifs destinés aux intérieurs contemporains. Cuir, soie ou marbre deviennent ainsi la matière première d’un design où l’upcycling structure à la fois la forme des objets et leur processus de fabrication.

En banlieue parisienne, l’architecte Camille Hermand a métamorphosé un ancien office notarial en une maison familiale lumineuse, restructurée et agrandie. L’intervention repose sur la transformation d’un petit immeuble de bureaux initialement compact, caractérisé par un volume cubique, peu ouvert sur l’extérieur et donnant sur le mur aveugle d’une cour bétonnée.

Longtemps relégué aux marges des pratiques artistiques, l’art textile connaît aujourd’hui un regain d’intérêt. En début d’année, l’artiste américaine Sheila Hicks affirmait que « l’art textile va gagner ». Cette dynamique se confirme dans les salons et expositions où les pratiques liées au fil, au tissage ou au crochet trouvent une nouvelle visibilité. Repérée notamment au salon Maison & Objet et à Expo4Art à Paris, l’artiste française Annie Cicatelli développe une œuvre singulière fondée sur la transformation de matériaux récupérés en sculptures textiles destinées à l’espace domestique.

Pendant des décennies, l’industrie du design s’est construite autour d’un principe simple : renouveler sans cesse les collections. Dans le mobilier comme dans l’objet domestique, chaque saison apportait son lot de nouveautés, alimentant une dynamique proche de celle de la mode. Aujourd’hui, ce modèle commence à être questionné. 

Dans l’industrie du mobilier, la notion de design conscient s’impose progressivement comme un changement de paradigme. Longtemps associée au seul choix de matériaux plus responsables, la durabilité s’étend désormais à la conception même des objets : démontabilité, réparabilité, modularité et possibilité d’évolution dans le temps deviennent des critères de projet. Plusieurs marques européennes explorent aujourd’hui ces principes en collaboration avec des designers, cherchant à intégrer la circularité dès les premières étapes du design.

Designer franco-américaine installée à New York, Laurence Carr développe depuis plusieurs années une pratique qui associe architecture intérieure, design de produits et recherche sur les matériaux durables. Formée notamment à Parsons School of Design, elle fonde le studio Laurence Carr Inc., avec lequel elle conçoit des projets résidentiels et commerciaux en privilégiant des matériaux sains, renouvelables et des environnements favorisant le bien-être. Son travail s’inscrit dans une réflexion plus large sur le rôle du design face aux enjeux environnementaux, avec une attention particulière portée au cycle de vie des objets et à la circularité dans l’industrie de l’aménagement.

Depuis quelques années, designers et studios interrogent plus ouvertement la logique de production rapide qui domine encore l’industrie du mobilier. Face aux enjeux environnementaux et à la saturation matérielle, certains projets explorent d’autres rythmes de conception, en s’intéressant davantage aux ressources disponibles, aux usages et à la durée de vie des objets. C’est dans cette perspective que l’American Hardwood Export Council (AHEC) avait lancé au début des années 2020 l’initiative Slow Design for Fast Change, invitant neuf jeunes designers à travailler à partir de trois essences de feuillus américains : chêne rouge, érable et cerisier.
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