Formafantasma interroge la matière première du mobilier à TEFAF Maastricht À l’occasion de la foire d’art et de design TEFAF Maastricht, la galerie Friedman Benda consacre un stand monographique au studio Formafantasma. Intitulée Formation, cette installation immersive explore les origines matérielles du mobilier et la manière dont une simple planche de bois peut devenir le point de départ d’un langage contemporain. Une réflexion sur la matière et la transformation des ressources qui s’inscrit pleinement dans les débats actuels autour d’un design plus responsable.Conçue pour l’édition 2026 de TEFAF Maastricht, la présentation imaginée par Formafantasma met en scène une série de pièces réalisées en bois de cerisier. Chaque objet (chaise, luminaire ou élément de mobilier) part d’un principe simple : la planche, considérée comme l’élément le plus fondamental de l’ébénisterie.Le projet explore la transformation de cette matière première en formes contemporaines. L’objectif n’est pas de rompre avec l’histoire du mobilier mais de la prolonger. « Ne pas imiter ni rejeter l’histoire, mais au contraire la prolonger », expliquent Andrea Trimarchi et Simone Farresin dans le communiqué de la galerie (Friedman Benda, Formation – press release, 2026). L’exposition fonctionne ainsi comme un environnement domestique épuré où les objets sont pensés comme des archétypes : des formes familières, réduites à leurs principes essentiels, qui interrogent la manière dont les objets du quotidien sont conçus et utilisés.La démarche du studio s’inscrit dans un dialogue avec plusieurs traditions du design et de l’architecture. Les designers revendiquent notamment l’influence de la communauté Shaker, de l’architecte Frank Lloyd Wright et du designer George Nakashima.Les Shakers ont développé une esthétique fondée sur la simplicité et la fonctionnalité, tandis que George Nakashima a profondément renouvelé l’approche du travail du bois en valorisant ses singularités naturelles. Ces références se retrouvent dans la collection présentée à Maastricht, où le bois de cerisier dialogue avec l’aluminium brossé. Certains luminaires intègrent également des panneaux LED rectangulaires. Leurs proportions évoquent volontairement celles des écrans numériques, introduisant dans ces objets domestiques une référence discrète aux technologies contemporaines.Fondé en 2009, Formafantasma s’est imposé comme l’un des studios les plus engagés dans la réflexion sur les ressources et les systèmes de production. Le duo italien mène depuis plusieurs années des recherches sur les dimensions écologiques, politiques et économiques qui façonnent le design contemporain. Son travail ne se limite pas à la création d’objets : il interroge aussi les chaînes de production, l’origine des matériaux et les implications environnementales du design. Andrea Trimarchi et Simone Farresin dirigent par ailleurs le département GEO-Design de la Design Academy Eindhoven, où ils étudient les forces sociales et géopolitiques qui influencent la discipline.Dans Formation, cette réflexion se matérialise par une esthétique volontairement « restreinte », selon les termes du studio. L’exposition privilégie des formes simples et une attention minutieuse aux détails, afin de mettre en évidence la relation directe entre matière, fabrication et usage. Visuels © : Marco Cappelletti Précédent Suivant