Florence Bourel réemploie cuir, soie et marbre dans un design upcyclé Le travail de la designer Florence Bourel s’inscrit dans une pratique du design fondée sur le réemploi des matières et la collaboration étroite avec les artisans. Ses créations, développées avec plusieurs maisons et éditeurs, transforment des matériaux issus de rebuts ou de fins de collections en objets décoratifs destinés aux intérieurs contemporains. Cuir, soie ou marbre deviennent ainsi la matière première d’un design où l’upcycling structure à la fois la forme des objets et leur processus de fabrication.D’origine bretonne et africaine, Florence Bourel développe un univers marqué par les couleurs, les motifs graphiques et l’association de matériaux nobles. Sa démarche repose sur un dialogue constant avec les artisans, dans une logique d’apprentissage mutuel et de transmission des savoir-faire. Chaque projet est conçu à partir des matières disponibles, ce qui influence directement les formes finales des objets.Cette approche est particulièrement visible dans sa collaboration avec l’atelier petit h d’Hermès, laboratoire créatif de la maison consacré au réemploi de matières inutilisées par les autres métiers de la marque. Invitée régulièrement à travailler avec les artisans de l’atelier, Florence Bourel conçoit plusieurs objets à partir de fragments de cuir et de carrés de soie issus d’anciennes collections.Parmi ces créations figurent notamment des miroirs et des luminaires. Le miroir 3D, inspiré du miroir de sorcière, propose une composition en volume qui met en scène le carré de soie Hermès dans une structure circulaire. Cette pièce a reçu en janvier le prix French Design 100, qui distingue cent designers et architectes contribuant au rayonnement du design français à l’international. Sa déclinaison, le miroir 2D, adopte une composition en marqueterie de cuir avec un miroir central plus large. L’un de ces modèles, en cuir bleu et blanc, est présenté au magasin Hermès d’Iconsiam à Bangkok dans le cadre d’une exposition consacrée aux créations petit h.Toujours pour cet atelier, la designer imagine également une série de lanternes gainées de cuir et de soie. Chaque pièce est réalisée à partir des matières disponibles et raconte l’histoire d’un carré de soie à travers un jeu de transparence et d’ombres projetées, ce qui rend chaque luminaire unique.Florence Bourel explore aussi l’upcycling dans sa collaboration avec Roche Bobois. La lampe Strate, issue de ce partenariat, est conçue à partir de chutes de marbre écartées lors de la production en raison de légers défauts. Les fragments de marbre (blanc Carrare, noir Marquina ou brun Emperador) sont découpés puis assemblés pour former un volume monolithique bicolore. Le luminaire joue sur les contrastes entre densité et légèreté et donne l’illusion d’un bloc unique.Avec l’éditeur fabricant Biobject, la designer développe enfin le miroir Elice. Réalisé en marqueterie de cuir à partir de chutes ou de fins de collection, l’objet présente un motif graphique évoquant le mouvement d’une hélice autour d’un miroir décentré. Inspiré par l’art moderne et la peinture, ce miroir est conçu comme une composition murale. Il est fabriqué artisanalement et peut être personnalisé en dimensions et en couleurs selon les projets d’aménagement intérieur.Visuels © : Miroirs et objets luminaires - En collaboration avec l’atelier hermès petit h - Photo by Eugenia Sierko © Hermès ; Lampe Strate, édition Roche Bobois - Marqueterie de marbre upcyclés ; Mobilier table et fauteuil en marbre upcyclé, réalisation Les marbreries de la Seine - Collection Boudoir Mexicain réalisé avec les chutes et petits morceaux de marbre upcyclés. / Photo Maison Mouton Noir ;Miroir Elice édition Mercœur/Mercœur Précédent Suivant