Trois écritures du design contemporain : industrie, fiction et mémoire décorative Dans le design contemporain, la signature tient souvent à une manière de penser l’objet : par le procédé, le récit, la matière, l’usage ou le décor. Barber Osgerby, Jaime Hayon et Cristina Celestino incarnent trois positions très différentes, mais complémentaires, dans ce paysage international.
Jaime Hayon, le design comme terrain de fiction Figure majeure du design espagnol contemporain, Jaime Hayon développe depuis plus de vingt-cinq ans un langage immédiatement reconnaissable, à la croisée du mobilier, de la céramique, de la sculpture, du dessin et de l’installation. Né à Madrid en 1974 et formé au design industriel, il s’est imposé par une œuvre qui refuse les frontières trop nettes entre art et design, objet fonctionnel et pièce narrative, artisanat et imaginaire pop.
Cristina Celestino : un design entre mémoire, matière et décor Cristina Celestino construit une œuvre où l’architecture intérieure, le mobilier et la direction artistique se répondent avec la même attention portée aux matériaux, aux surfaces et aux détails. Née à Pordenone en 1980, formée à l’architecture à l’IUAV de Venise, elle commence à collaborer avec plusieurs studios dès 2005 avant de fonder Attico Design en 2011, puis son propre studio à Milan en 2013. Depuis, Cristina Celestino Studio intervient aussi bien dans le résidentiel, l’hôtellerie et le retail que dans le design de produits et la direction créative.
Barber Osgerby : l’innovation industrielle dans la culture du détail Fondé en 1996 à East London par Edward Barber et Jay Osgerby, après leurs études d’architecture au Royal College of Art, Barber Osgerby occupe une place singulière dans le design britannique contemporain. Depuis plus de deux décennies, le studio construit une œuvre qui relie produit, mobilier, architecture, installation, sculpture et design d’exposition, avec une attention constante portée aux matériaux, aux procédés industriels et aux usages.
Sols graphiques : quand le décor commence au sol Motifs géométriques, tapis XXL, carrelages expressifs, trames colorées : le sol n’est plus seulement une surface neutre destinée à disparaître sous le mobilier. Dans l’architecture intérieure, il devient un outil de composition à part entière, capable de structurer l’espace, d’installer une ambiance et parfois même de porter tout le décor.
Studio MI·LO met en scène le marbre Lithos Design dans un nouveau langage visuel En confiant sa direction artistique à STUDIO MI·LO, Lithos Design marque une nouvelle étape dans son histoire. Son objectif avec cette collaboration : traduire sa culture de la matière en un langage visuel plus lisible, plus contemporain et ouvert au dialogue avec l’architecture intérieure.
ORY Architecture unifie des bureaux parisiens par une surface minérale continue À Paris, rue de Châteaudun, ORY Architecture signe un ensemble de bureaux où le sol ne se contente pas d’accompagner l’aménagement. Il en fixe la lecture, en installant une continuité minérale qui traverse l’espace et structure notamment l’amphithéâtre, pensé comme un lieu de convergence et d’échange.
Maison Kyka compose un décor graphique dans un appartement rue Lincoln - Paris Dans cet appartement de plus de 316 m², situé au quatrième étage d’un immeuble du début du XXᵉ siècle rue Lincoln, Maison Kyka travaille le sol comme un élément structurant du décor. La rénovation ne repose pas seulement sur une accumulation de matières, de couleurs et de références néo-antiques ou Art déco : elle s’appuie aussi sur une écriture graphique au sol, qui accompagne la distribution singulière du lieu, réparti sur deux niveaux.
David Hicks et Carpet Society remettent le motif au sol Avec David Hicks pour Carpet Society, le tapis retrouve une fonction que le décorateur anglais avait largement défendue dans les années 1960 et 1970 : donner le ton d’un intérieur par le sol. La collection réunit vingt motifs issus du patrimoine des Arts décoratifs et s’appuie sur l’héritage d’un designer qui a fait de la couleur vive, du motif géométrique et du mélange des époques une signature immédiatement reconnaissable.
Quand les fibres naturelles redessinent l’atmosphère intérieure Le bambou, le rotin, l'osier, le raphia ou encore la canisse et la corde tressée font un retour remarqué dans l'architecture contemporaine. Autrefois plutôt plébiscitées pour les vérandas ou les résidences secondaires, ces matières ne se contentent plus de réchauffer l'atmosphère : elles favorisent la respiration des espaces, tamisent la luminosité et instaurent un dialogue subtil avec l'environnement extérieur pour un confort authentique.