David Hicks et Carpet Society remettent le motif au sol Avec David Hicks pour Carpet Society, le tapis retrouve une fonction que le décorateur anglais avait largement défendue dans les années 1960 et 1970 : donner le ton d’un intérieur par le sol. La collection réunit vingt motifs issus du patrimoine des Arts décoratifs et s’appuie sur l’héritage d’un designer qui a fait de la couleur vive, du motif géométrique et du mélange des époques une signature immédiatement reconnaissable.Né en 1929 dans l’Essex et formé à la Central School of Art and Design de Londres, David Hicks s’impose après un reportage dans House & Garden en 1954, puis grâce à des projets privés, notamment pour Helena Rubinstein au début des années 1960. Son style repose sur une idée simple mais radicale pour l’époque : un intérieur peut associer meubles anciens, œuvres contemporaines, tissus expressifs et tapis à motifs sans perdre sa cohérence.Cette collection Carpet Society s’inscrit dans cette logique. Les sols ne sont pas pensés comme des fonds neutres, mais comme des surfaces actives. Motifs répétés, géométries serrées, contrastes francs, associations de rouge, violet, orange, bleu ou jaune : le tapis structure la pièce avant même le mobilier. Dans un salon, il densifie l’atmosphère autour d’un canapé en velours sombre. Dans une chambre, il dialogue avec les murs colorés et prolonge les jeux de symétrie. Dans un couloir, il transforme le passage en séquence graphique.L’intérêt de cette collaboration tient aussi à son ancrage historique. Depuis les années 1970, Carpet Society tissait déjà les tapis et moquettes imaginés par David Hicks. Le projet ne se limite donc pas à une réédition décorative : il réactive un lien ancien entre un designer de motifs et un fabricant de sols textiles. Hicks dessinait ses propres motifs pour répondre à son esthétique, faite de compositions fortes et d’associations chromatiques assumées.Le rendu reste très identifiable. Les motifs géométriques ne cherchent pas la discrétion. Ils installent un rythme, parfois presque optique, qui modifie la perception des volumes. Le sol devient un plan de couleur à part entière, capable de relier un fauteuil orange, un mur rouge, une œuvre abstraite ou un meuble vintage. C’est précisément là que se situe l’héritage de David Hicks : dans cette capacité à faire cohabiter l’audace et la tenue, l’exubérance et la structure. Carpet Society en propose une lecture actuelle, en tapis kilim, tapis tufté main ou moquette, sans effacer la force graphique d’origine. Visuels © : Carpet Society Précédent Suivant