À La Défense, la tour Ariane change de lecture sans effacer son dessin d’origine. Livré en 2025, le projet de rénovation confié à la Nouvelle AOM (Franklin Azzi, Chartier Dalix et Hardel Le Bihan) intervient sur un bâtiment conçu par Jean de Mailly en 1975. L’enjeu ne consiste pas à masquer cette architecture de béton, mais à la replacer dans un registre contemporain par le travail de l’enveloppe, de la transparence et de la performance thermique.

À Malacky, en Slovaquie, Domesi Slovakia, bureau slovaque de l’agence tchèque Prodesi/Domesi, signe un complexe administratif implanté au contact direct des forêts gérées par son maître d’ouvrage, Vojenské lesy a majetky SR. Livré en 2024, le projet répond à une ambition environnementale précise : construire un ensemble de bureaux en milieu naturel, à partir de bois local, en intégrant les principes de neutralité carbone, d’économie circulaire, de ressources renouvelables et de matériaux naturels.

À Gradignan, près de Bordeaux, Mathieu Laporte et Fagart&Fontana ont livré en fin d’année dernière un groupe scolaire conçu dans le prolongement du paysage. Implanté au cœur de la « ville-parc », entre le parc du Repos Maternelle et un nouveau quartier résidentiel, le projet s’appuie sur cette situation de lisière pour installer une architecture protectrice, largement ouverte sur son environnement. Le bâtiment ne se contente pas de longer le parc : il en reprend les continuités visuelles, les seuils plantés et les vues, en faisant du vitrage un élément essentiel de sa relation au site.

À Bièvres, dans l’Essonne, l’agence A26 Architecture a livré la réhabilitation de La Grange aux Fraises, ancienne réserve agricole devenue salle d’exposition. Situé rue de Paris, face à la mairie, le bâtiment conserve la mémoire de son usage initial : le stockage des récoltes issues des plaines maraîchères locales. Son implantation dans la pente lui assurait une isolation naturelle et une température stable, adaptée à la conservation. L’intervention menée par A26 visait à préserver cet héritage tout en reconfigurant profondément les volumes et les usages.

La terre crue revient dans les projets contemporains moins comme une image de retour aux sources que comme une réponse technique à plusieurs contraintes actuelles : réduire l’empreinte des matériaux, améliorer le confort d’été, travailler avec les ressources disponibles et donner aux bâtiments une présence plus ancrée. 

À Coulommiers, en Seine-et-Marne, Ylé a imaginé un projet de rénovation et d’extension d’un pôle éducatif dans le quartier des Templiers, finaliste de la consultation internationale « Quartiers de demain ». L’agence, plus jeune structure sélectionnée dans le cadre de cette consultation, n’a pas été lauréate, mais sa proposition éclaire néanmoins la méthode de l’agence : partir de l’existant, limiter les démolitions et faire de l’école un équipement public capable de structurer la vie du quartier. Baptisée l’École des Éléments, l’opération proposée réunit une école maternelle, une école primaire et une crèche, issues de la reconstruction de l’école maternelle Jean de la Fontaine, de la crèche, de l’ALSH et de la fusion avec l’école Jéhan de Brie.

À Paris, dans le quartier de Beaugrenelle, La Poste Immobilier confie à nunc architectes la réhabilitation du pavillon Keller, ancien édifice inscrit dans un ensemble immobilier sur dalle construit à la fin des années 1960. Le projet s’intègre à une opération plus large comprenant une dalle paysagée ouverte au public et deux niveaux sous dalle dédiés à une plateforme de logistique urbaine. Ici, l’enjeu n’est pas de remplacer l’existant, mais de le transformer en conservant ce qui peut l’être et en travaillant l’enveloppe avec des matériaux issus du réemploi, biosourcés et géosourcés.

À Évry-Courcouronnes, le pôle enfance et sportif du Parc des Loges, conçu par HEMAA Architectes, inscrit la terre crue au cœur d’un équipement public dédié aux enfants, aux familles et aux usages sportifs. Livré en août 2025, le projet réunit un accueil de loisirs primaire, un espace maternelle, un relais d’assistantes maternelles, une restauration collective, des salles d’entraînement et une tribune de stade de 300 places. Implanté dans le parc des Loges, il ne cherche pas à imposer un volume unique, mais à composer avec la pente, les arbres et les parcours existants.

Longtemps dominé par des logiques de rendement et de standardisation, le logement collectif connaît aujourd’hui une inflexion nette. Sous l’effet combiné de la raréfaction du foncier, des exigences environnementales et des attentes accrues des habitants, les architectes développent des réponses plus situées, plus fines, qui reconfigurent autant la forme des bâtiments que leurs usages.

Livré en décembre 2023 au cœur du quartier Saint-Cyprien à Toulouse, le projet « Cour du Dôme » porté par Taillandier Architectes Associés propose une lecture contemporaine du collectif à l’échelle d’un îlot longtemps fermé. Sur l’ancien site de l’Institut Claudius Régaud, libéré en 2014, l’opération rassemble 226 logements du T2 au T5, une résidence hôtelière Adagio 4 étoiles de 114 chambres et sept commerces, dans un environnement marqué par la présence de l’ensemble patrimonial de La Grave.
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