Mathieu Laporte et Fagart&Fontana dessinent une école vitrée à Gradignan À Gradignan, près de Bordeaux, Mathieu Laporte et Fagart&Fontana ont livré en fin d’année dernière un groupe scolaire conçu dans le prolongement du paysage. Implanté au cœur de la « ville-parc », entre le parc du Repos Maternelle et un nouveau quartier résidentiel, le projet s’appuie sur cette situation de lisière pour installer une architecture protectrice, largement ouverte sur son environnement. Le bâtiment ne se contente pas de longer le parc : il en reprend les continuités visuelles, les seuils plantés et les vues, en faisant du vitrage un élément essentiel de sa relation au site.L’ensemble s’organise autour de deux grandes toitures en zinc qui se croisent et structurent le programme. Une première toiture, longue et basse, accompagne la profondeur de la parcelle depuis l’avenue Charles-et-Émile-Lestage et abrite l’école maternelle. Une seconde, plus haute et perpendiculaire, relie le nouveau quartier au parc et accueille l’école élémentaire ainsi que la salle polyvalente. Sous ces grands pans inclinés, les façades vitrées prennent place dans une ossature lisible, entre bois, acier et aluminium.Le verre intervient d’abord comme un outil d’ouverture. Les façades, largement vitrées sur certains fronts, cadrent les vues vers les arbres conservés et les espaces extérieurs. Les pignons vitrés accompagnent la pente des toitures et donnent aux volumes intérieurs une lumière abondante, sans rompre le caractère familier de l’architecture. Les débords de toiture protègent les entrées et les façades, tout en installant des seuils intermédiaires entre cour, bâtiment et paysage.À l’intérieur, les vitrages prolongent cette recherche de transparence. Les salles de classe, les circulations et les espaces partagés sont ponctués de baies intérieures qui laissent circuler la lumière et ouvrent des perspectives d’un espace à l’autre. Le béton, le bois et les plafonds inclinés composent un cadre robuste, mais adouci par la présence des menuiseries et par les vues sur le végétal. La transparence n’y est pas pensée comme un effet spectaculaire, plutôt comme un moyen de rendre le bâtiment lisible à l’échelle des enfants.La construction repose sur un système hybride associant modules préfabriqués et éléments assemblés hors site, afin de maîtriser qualité, coûts et délais. Dans cette école, le verre, les toitures et le paysage travaillent ensemble : ils construisent un équipement public ouvert, lisible et protecteur, pensé pour accompagner les usages quotidiens de l’enfance. Visuels © : Dimitri Djuric Précédent Suivant