À Strasbourg, au rez-de-chaussée de l’hôtel particulier Madame C, L’Alcôve s’inscrit comme un espace central pensé pour structurer l’expérience du lieu. Aménagé dans une maison bourgeoise du XVIIIᵉ siècle classée, le projet transforme un volume existant en un environnement intérieur où architecture, décoration et ambiance sensorielle participent à une mise à distance de l’espace urbain environnant.

Conçu comme un salon-restaurant, L’Alcôve ne se limite pas à une fonction unique. L’espace se déploie comme un lieu de séjour, accessible tout au long de la journée, où les usages se succèdent sans rupture. Cette continuité repose sur une atmosphère feutrée et une organisation spatiale qui privilégie l’intimité. Le bar, positionné comme point de convergence, structure les circulations et agit comme un repère dans la composition d’ensemble.

Le projet s’inscrit dans une relecture des codes de la Belle Époque, interprétés dans un registre contemporain. La décoration intérieure, confiée à Marie Guénot, développe une mise en scène où les références historiques ne sont pas reproduites mais adaptées à une écriture plus actuelle. Les matériaux, les textures et les tonalités contribuent à créer un environnement enveloppant, pensé pour ralentir les rythmes et installer une relation plus introspective à l’espace.

L’Alcôve s’intègre dans une organisation plus large articulée autour d’un patio central. Baigné de lumière naturelle et structuré par la présence d’un palmier, ce cœur intérieur distribue les différents espaces : réception, salon, restaurant et chambres. Cette configuration favorise une lecture fluide du lieu, où les transitions entre les espaces sont progressives et sans rupture visuelle marquée.

L’architecture d’origine a été conservée et valorisée, tandis que l’intervention contemporaine vient en révéler les qualités. Les Agenceurs ont accompagné cette transformation en travaillant les volumes existants sans en altérer la structure, permettant à la décoration de s’inscrire dans un cadre cohérent. Les espaces conservent ainsi leur échelle domestique tout en intégrant des fonctions hôtelières.

L’expérience se prolonge au-delà du visible par un travail sur les perceptions sensorielles. Une identité olfactive spécifique, développée par l’Atelier Serena Galini, accompagne le parcours et participe à la construction d’une ambiance globale. Ce dispositif immatériel complète l’approche architecturale en introduisant une dimension supplémentaire, non visuelle, dans la perception des espaces.

Dans L’Alcôve, l’attention portée aux détails contribue à cette mise en scène. L’agencement du mobilier, la gestion des éclairages et le traitement des matières participent à la définition d’un lieu pensé comme un refuge. L’espace ne cherche pas à s’imposer par des effets démonstratifs mais par une cohérence d’ensemble, où chaque élément contribue à une atmosphère maîtrisée.

 

Visuels © Bruno Barazzutti (Faktory)



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