Malherbe Paris met en scène Terrace Boulud à Hong Kong comme une traversée architecturale À Hong Kong, Daniel Boulud inaugure Terrace Boulud au sommet du Prince’s Building, en partenariat avec le Mandarin Oriental. Conçu par l’agence Malherbe Paris, le projet s’éloigne du modèle du rooftop pour construire une expérience spatiale structurée par la notion de parcours. L’architecture ne se contente pas d’accueillir un programme, elle organise une progression, pensée comme une succession de séquences inspirées du voyage en train.Le récit du déplacement constitue la matrice du projet. Sans recours à une narration explicite, Malherbe Paris traduit cette idée à travers une composition d’espaces interconnectés, où arches, perspectives cadrées et passages symétriques guident les déplacements. Dès la sortie des ascenseurs, le visiteur est engagé dans un cheminement lisible, conçu pour révéler progressivement les volumes. La progression évoque celle des voitures d’un train, avec une découverte par étapes qui installe un rythme et une temporalité propres au lieu.Ce dispositif est prolongé par la mise en scène de l’arrivée. Face au hall, des écrans numériques diffusent des paysages en transition, d’une lumière diurne vers des ambiances plus sombres, suggérant l’écoulement du temps. Des œuvres viennent structurer cet imaginaire : sculptures de grues, collage numérique inspiré de paysages côtiers et bas-relief associant faune et flore de Hong Kong et de France composent un environnement hybride, où deux territoires coexistent.Le projet s’organise autour d’un dialogue entre références françaises et contexte hongkongais. L’architecture s’appuie sur les codes des brasseries françaises, réinterprétés à travers des matériaux et savoir-faire locaux. Panneaux en bois courbé, cannage, marbre, laiton et sols en mosaïque instaurent une continuité matérielle, tandis que les tonalités vertes et les motifs botaniques prolongent l’ancrage dans le paysage urbain environnant.Au centre du plan, le bar structure l’ensemble. Traité comme un point d’ancrage visuel et social, il organise la distribution vers deux ailes symétriques, ouvertes sur de larges terrasses donnant sur la ville et le port. Le bar, habillé d’onyx vert rétroéclairé, évolue au fil de la journée, gagnant en intensité lumineuse à mesure que la lumière naturelle décline. L’intérieur et l’extérieur sont conçus comme un continuum, permettant une transformation fluide des usages du jour à la nuit.L’éclairage participe de cette dynamique temporelle. Pensé en strates, il accompagne les variations d’ambiance, d’une clarté initiale vers une atmosphère plus intime. Des miroirs, inspirés du vocabulaire du voyage ferroviaire, prolongent les vues en reflétant la skyline et le port, intégrant les convives éloignés des façades dans cette relation au paysage.L’ancrage local se manifeste également par des interventions artistiques spécifiques. Malherbe Paris a commandé deux installations en rotin aux artistes hongkongais de Break Through Art Studio, réalisées selon des techniques de tissage traditionnelles. L’une évoque les reliefs montagneux, l’autre le paysage maritime, inscrivant le projet dans une lecture sensible du territoire.Enfin, des objets personnels sélectionnés par Daniel Boulud, livres et photographies liés à la France, ponctuent l’espace. Leur présence discrète introduit une dimension vécue, prolongeant l’idée d’un lieu construit par strates, entre mémoire, déplacement et expérience spatiale. Visuels © : Terrace Boulud / Daniel Boulud / Mandarin Oriental, Hong Kong Précédent Suivant