À Montceaux-lès-Meaux, une vaste propriété familiale du XIXᵉ siècle retrouve une cohérence longtemps masquée par les strates successives de transformations. Sous l’œil de Sarah Bitter, cofondatrice de l’agence Metek, la maison, recouverte de lierre, enrichie d’ajouts disparates (colonnes, loggia inspirée d’un palazzo, faux éléments de façade) redevient un ensemble lisible. Lors de la première visite, l’architecture composite brouillait toute compréhension du lieu. Pour avancer, il fallait d’abord faire apparaître ce qui était là, sous les couches, visibles ou non.

À Château-Thierry, la demeure natale de Jean de La Fontaine retrouve sa place dans le paysage culturel français après une rénovation d’envergure conduite par la Ville et soutenue par l’État, la Région Hauts-de-France et le Département de l’Aisne. Fermée depuis 2022, cette maison devenue musée dès 1876 réapparaît aujourd’hui sous une forme entièrement repensée, fidèle à son histoire et attentive aux usages contemporains. La réouverture offre l’occasion d’interroger la manière dont un lieu biographique peut transmettre, au-delà des récits, une mémoire sensible et architecturale.

À St. Moritz, l’appartement imaginé par Ico Parisi et Luisa Parisi au début des années 1970 devient le décor d’un projet qui interroge la mémoire des lieux et la manière dont l’architecture prolonge l’histoire intime de ceux qui l’habitent. Présenté dans le cadre du programme spécial de Nomad Circle 2026, Yellow Apartment. Rachele Bianchi, Riccardo Schweizer, Ico Parisi. Art, Design and Architecture in Conversation ouvre exceptionnellement ses portes et transforme un intérieur resté intact depuis plus d’un demi-siècle en capsule narrative.

Longtemps cantonnée à la performance technique, la domotique peut aussi s'imposer désormais comme un langage architectural à part entière. Dans les intérieurs contemporains, résidentiels comme hôteliers, la technologie s’invite pour influencer les parcours et redéfinir la notion même de confort. Visible et assumée ou au contraire totalement intégrée, elle façonne une nouvelle grammaire du design.

Au deuxième étage d’un immeuble haussmannien de 1886, avenue Wagram, dans le quartier des Ternes (17ᵉ arrondissement de Paris), Maison Kyka a transformé un appartement familial de 200 m² en conjuguant patrimoine et technologies intégrées. Resté inchangé depuis les années 1950, le lieu conservait une hauteur sous plafond généreuse, un balcon filant et l’ensemble des attributs classiques comme des moulures, des cheminées et autres cimaises qui ont servi de base au projet.

Perché au-dessus de la ville de Mykonos, l’hôtel Deos s’impose comme une réalisation où architecture contemplative et intelligence technique avancent de concert. Conçu par Galal Mahmoud, fondateur de GM Architects, le projet développe une approche du « smart hospitality » qui s’inscrit dans la topographie et la culture cycladiques sans jamais les effacer. Dominant la mer Égée et offrant des vues vers Delos, Syros et Tinos, le Deos organise ses volumes autour d’un dialogue constant entre intérieur et extérieur. Les murs en pierre locale, les plantations et les passerelles reliant les suites aux terrasses privées prolongent naturellement le paysage dans l’architecture.

Au 46 chemin des Riffroids, au cœur de La Clusaz, Les Demoiselles Jacquanes prennent place dans une ferme classée de 1784, intégralement démontée puis reconstruite. Si l’opération menée par le Cabinet Ganassali s’inscrit dans une démarche patrimoniale exigeante, le projet révèle surtout une lecture contemporaine de l’habitat alpin : celle d’un intérieur intelligent, où la technologie structure l’expérience des lieux. Ancienne Ferme des Riffroids, l’édifice a fait l’objet de près de 24 mois de travaux, de la démolition à la reconstruction, puis à l’agencement et à l’ameublement. Les entreprises et artisans locaux ont été mobilisés pour garantir une cohérence architecturale avec l’environnement du village. Mais derrière cette enveloppe fidèle au XVIIIᵉ siècle, le chalet déploie une infrastructure numérique complète.

Parfois, la lumière, plus qu’éclairer un espace, en devient la substance même. Qu’elle filtre à travers une verrière historique, qu’elle sculpte un patio entièrement vitré, qu’elle se réfléchisse sur des matières brutes ou qu’elle s’organise en séquences maîtrisées, elle façonne la manière dont un lieu est perçu, traversé et habité. 

La galerie Ceysson & Bénétière, déjà implantée en France, au Luxembourg et à New York, ouvre son premier espace en Asie au cœur de Ginza. Pour cette adresse de 325 m² située au 8ᵉ étage de la tour Cura, la maison a confié à Sophie Dries Architect la réinterprétation complète de l’architecture intérieure. Le lieu s’écarte volontairement du white cube pour affirmer une identité sensorielle nourrie par la matérialité, les textures et une lumière pensée comme un vecteur d’émotion.

Pour son premier showroom parisien, Schüco confie au Studio Jean-Marc Gady la conception d’un lieu pensé comme un manifeste. Situé au 115 rue Réaumur, l’Espace 115 ne se contente pas de présenter des systèmes de menuiserie aluminium : il en fait la structure même du projet. Ici, la lumière (naturelle ou artificielle) devient l’outil central pour révéler les performances techniques et l’univers sensoriel de la marque.
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