À Vannes, Lacaton & Vassal et Emmanuelle Delage transforment l’ancienne cité administrative, construite en 1967, en un ensemble mixte associant logements, hébergements pour étudiants et jeunes actifs, bureaux, commerces et services. Situé avenue Saint-Symphorien, en plein centre-ville, l’immeuble conserve son rôle de repère urbain tout en changeant profondément d’usage. Le projet, porté par GReeStone Immobilier et Grand Ouest Immobilier, repose sur une idée simple : réactiver un bâtiment administratif des années 1960 à partir de ses qualités structurelles et spatiales, plutôt que le démolir.

L’édifice présente une composition typique de cette période, avec un socle développé sur trois niveaux, puis un volume supérieur en croix de cinq étages surmonté d’un attique en retrait. Au centre, un noyau carré regroupe quatre ascenseurs et un escalier ouvert, tandis que chaque aile est prolongée par une cage d’escalier en extrémité. Cette organisation, associée à une structure poteaux-poutres-planchers et à des cloisonnements légers et démontables, offre des plateaux libres particulièrement adaptés à une reconversion. Après désamiantage complet, le socle accueillera les activités tertiaires et commerciales, tandis que la partie haute recevra 88 logements collectifs dans les ailes B, C et D, ainsi que 90 logements pour étudiants et jeunes actifs dans l’aile A.

La transformation s’appuie sur une intervention mesurée. La structure générale et la volumétrie du bâtiment sont conservées, tout comme plusieurs éléments jugés significatifs, notamment l’entrée en pont depuis l’avenue Saint-Symphorien, les escaliers et certains aménagements extérieurs. Les façades existantes seront en revanche déposées puis remplacées par une enveloppe vitrée performante, du sol au plafond, prolongée par des balcons filants sur tout le pourtour des appartements. Cette nouvelle façade intègre des rideaux thermiques intérieurs, tandis que certains espaces du rez-de-chaussée haut seront équipés de stores extérieurs orientables. Le projet mobilise ainsi des principes bioclimatiques fondés sur les apports solaires, la protection estivale et la végétalisation.

La mixité des usages structure l’ensemble de l’opération. Le bâtiment doit fonctionner comme un lieu de vie traversé par plusieurs publics, et non comme une juxtaposition de programmes. L’organisation des accès participe de cette logique. Les entrées sont entièrement repensées pour renforcer les relations avec l’espace public, notamment depuis le boulevard de la Paix, où un nouveau parvis sera créé au-dessus des parkings existants transformés en stationnement souterrain. Ce parvis desservira les commerces, les activités et une partie des accès résidentiels, tandis qu’un autre accès aux logements sera maintenu côté avenue Saint-Symphorien. À l’intérieur, l’espace central du rez-de-chaussée haut distribuera aussi les bureaux.

Dans les niveaux supérieurs, l’enjeu porte sur la qualité d’usage. Les logements, du T1 au T4, tirent parti des plateaux libres, des façades largement ouvertes et des vues dégagées sur les alentours. Des extensions sont prévues dans les ailes du premier au cinquième étage pour renforcer l’ouverture de l’immeuble sur toutes ses façades. Les attiques en retrait accueilleront des logements plus vastes avec terrasse. Plusieurs toitures seront végétalisées ou équipées de panneaux photovoltaïques, tandis que les abords seront requalifiés par des surfaces semi-perméables, des zones plantées et un traitement paysager inspiré des paysages végétaux bretons de l’intérieur des terres.

 

Visuels © : Philippe Ruault



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