OITOEMPONTO redonne vie au Four Seasons Hotel Ritz de Lisbonne À Lisbonne, le duo OITOEMPONTO signe une rénovation mesurée et respectueuse du Four Seasons Hotel Ritz, chef-d'œuvre moderniste inauguré en 1959. Artur Miranda et Jacques Bec ont choisi de ne pas réinventer l'histoire du lieu, mais d’en prolonger l’esprit. Une restauration par étapes, entamée en 2021, qui s’achèvera en 2026.Derrière son imposante façade de béton et de verre dessinée par l’architecte Porfirio Pardal Monteiro, le Ritz de Lisbonne ne se veut ni pastiche ni reconstitution. Ce n’est pas un Ritz parisien. Pensé à l’origine comme une vitrine du Portugal de Salazar, l’hôtel conjugue lignes modernistes, volumes amples et décoration raffinée — un équilibre voulu dès l’origine entre monumentalité et chaleur.Dès le hall, le patrimoine artistique du lieu s’impose : tapisseries d’Almada Negreiros, bas-reliefs de Margarida Schimmelpfennig et de Salvador Barata Feyo, œuvres de Vieira da Silva. Si ces pièces majeures sont restées en place, le décor des chambres, lui, avait été largement effacé au fil des décennies. Pour OITOEMPONTO, tout commence dans les réserves de l’hôtel, où le mobilier d’époque — luminaires, commodes, fauteuils — attendait d’être réhabilité.Les architectes n’ont rien imposé. Ils ont observé, fouillé, adapté. Certaines pièces ont été réinterprétées : les commodes deviennent tables de chevet, les fauteuils gagnent en confort. La palette rend hommage aux années 60 — beiges, gris, bleus canard, ocre et tabac — tandis que les matières jouent la subtilité : chêne clair, laque, textiles texturés.Le duo a aussi ravivé des détails architecturaux oubliés, comme les plafonds galbés dissimulant les tringles à rideaux, ou encore les appliques d’origine multipliées dans les couloirs. Le motif de la moquette évoque les pavés portugais de calçada, celui du club lounge, les tapisseries Zuber ou les tissus Fortuny. Même les lavabos géants commandés aux États-Unis à l’époque de la construction ont été conservés.Plutôt qu’un décor figé, OITOEMPONTO signe ici une mise en scène vivante, fidèle à l’élégance solaire du lieu, enrichie d’une lecture contemporaine du luxe. À l’image du 6ᵉ étage, finalisé en 2024, qui accueille un centre d’affaires transformé en club privé, fusion de trois suites aux codes à la fois XVIIIe et sixties. Visuels © : Francisco de Almeida Dias Précédent Suivant