Les surfaces réduites obligent à repenser l’aménagement intérieur avec une précision presque architecturale. Studio urbain, salle de bains compacte ou pièce multifonction : les petites surfaces imposent des choix radicaux mais ouvrent aussi un champ d’invention considérable. Agencement rigoureux, mobilier intelligent, jeux de lumière et de matières permettent de transformer quelques mètres carrés en espaces à la fois lisibles, fonctionnels et agréables à vivre.

Dans l’habitat contemporain, la réduction progressive des surfaces impose de repenser l’aménagement des pièces techniques. Autrefois espaces purement fonctionnels, les cuisines, buanderies ou salles de bains deviennent aujourd’hui de véritables terrains d’expérimentation pour les architectes d’intérieur. Parmi elles, la salle de bains constitue sans doute le laboratoire le plus révélateur de cette évolution. Souvent limitée à quelques mètres carrés (parfois à un simple cabinet d’invités) elle concentre désormais une grande partie des recherches sur la compacité des équipements et l’intelligence de leur implantation.

Souvent délaissés ou utilisés comme zones de stockage, les combles représentent pourtant une réserve de surface importante dans l’habitat existant. Pour l’architecte d’intérieur Amandine Maroteaux, fondatrice de l’Atelier Compostelle, leur transformation en espace habitable suppose toutefois une analyse préalable précise. Avant tout projet, plusieurs paramètres doivent être vérifiés, tant sur le plan administratif que technique : coefficient d’occupation du sol, droits de propriété, accès existant, pente de toiture, type de charpente ou qualité de l’isolation.

Situé dans le programme résidentiel Żurawie à Gdańsk, en Pologne, cet appartement de 20 m² conçu par l’architecte Aleksandra Czajka-Witkowska illustre une approche très précise de l’aménagement des micro-logements. Destiné à la location de courte durée, le projet s’inspire de la logique d’une chambre d’hôtel : un intérieur clair, intuitif et débarrassé de tout élément superflu.

Longtemps cantonné à la menuiserie décorative, le bois a retrouvé en quelques années une place centrale dans le projet d’architecture intérieure. Porté par l’évolution des techniques et l’arrivée de panneaux plus performants, il est désormais utilisé pour structurer le volume, unifier les surfaces et définir l’atmosphère d’un lieu. 

Au Mount Nelson, A Belmond Hotel, Cape Town, le créateur sud-africain Thebe Magugu signe sa première incursion dans le design d’intérieur avec une suite de deux étages pensée comme un sanctuaire afro-moderniste. Nichée le long de Palm Avenue, la THEBE MAGUGU SUITE transpose l’univers du couturier dans l’espace construit à travers un dialogue précis entre héritage africain, sensibilité anglaise et matières naturelles, notamment le bois, omniprésent dans le projet.

À la Galerie d’Architecture, l’exposition matière en résonance a présenté du 3 au 28 février 2026 la recherche menée depuis plus de vingt ans par sauerbruch hutton autour du bois. À travers une série de maquettes et de photographies, le duo berlinois a mis en lumière un matériau ancestral redevenu, au XXIᵉ siècle, un marqueur essentiel de la modernité architecturale. Loin d’un simple engouement technique, le bois s’y dévoilait comme une ressource culturelle, constructive et atmosphérique dont l’agence explore les potentialités avec constance.

À l’occasion du Salone del Mobile 2026, Antoine Billore imagine pour L’Artisan Parfumeur une installation immersive présentée du 20 au 26 avril dans un appartement milanais situé Via Giovanni Lulli. Ce lieu, pensé comme un intérieur personnel, célèbre les cinquante ans de liberté créative de la maison et accueille la première collection de mobilier hybride conçue par le jeune antiquaire, connu pour son goût des objets populaires et artisanaux, souvent en bois, et pour une pratique fondée sur l’assemblage et les rapprochements inattendus.

Travailler un espace, c’est toujours travailler une histoire. Dans les projets de réhabilitation comme dans les interventions plus légères, l’architecture intérieure entretient un rapport privilégié avec la mémoire : traces matérielles, strates d’usages, perceptions sensorielles, symboliques attachées au bâti. 
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