Sauerbruch Hutton explore la portée du bois dans "matière en résonance" À la Galerie d’Architecture, l’exposition matière en résonance a présenté du 3 au 28 février 2026 la recherche menée depuis plus de vingt ans par sauerbruch hutton autour du bois. À travers une série de maquettes et de photographies, le duo berlinois a mis en lumière un matériau ancestral redevenu, au XXIᵉ siècle, un marqueur essentiel de la modernité architecturale. Loin d’un simple engouement technique, le bois s’y dévoilait comme une ressource culturelle, constructive et atmosphérique dont l’agence explore les potentialités avec constance.Après un siècle dominé par le béton, le bois a retrouvé une place centrale dans la conception contemporaine. Ressource renouvelable, faible en carbone, modulable et expressive, il offre une autre lecture de la modernité — plus sensible, adaptable et sincère. L’exposition rappelait que son retour s’accompagne aussi de questionnements culturels, ravivant des imaginaires collectifs profondément ancrés. C’est dans cet entrelacs d’usages et d’héritages que se situait la démarche de sauerbruch hutton, qui, depuis Berlin, réinvestit le matériau dans ses dimensions structurelles, techniques et perceptives.Les projets exposés montraient l’étendue des rôles confiés au bois : élément de façade, structure porteuse ou composant de systèmes modulaires. Dans ces différentes applications, le matériau apparaissait comme un organisme vivant, capable d’absorber lumière, variations et rythmes, tout en maintenant une cohérence constructive. Les maquettes donnaient à voir cette approche : assemblages précis, structures lamellaires, dispositifs modulaires et détails d’enveloppes illustraient la diversité des recherches menées par les équipes de l’agence. Les photographies, réalisées notamment par Jan Bitter, Adrien Barakat, Margot Gottschling, Andreas Meichsner, Helmuth Scham et Mark Seelen, prolongeaient cette exploration par leur attention aux textures, aux teintes et aux qualités atmosphériques du bois dans les bâtiments construits.Conçue par sauerbruch hutton et coordonnée par Julia Knaak avec Lucía Alonso, Isabelle Hartmann, Sabine Hertwig, Claus Marquart, Amelie Schleifenheimer et Kemal Tezcan, l’exposition restituait une réflexion continue plutôt qu’un corpus figé. Les maquettes, réalisées par les équipes internes (Zubaidah Aali, Jörg Albeke, Denise Murray Schlegel, Amelie Schleifenheimer) et par Werk 5, témoignaient de cette dimension artisanale et méthodique. Elles rendaient perceptible la manière dont le bois conditionne l’écriture architecturale et les choix de mise en œuvre.Plutôt que d’énoncer des principes, matière en résonance montrait comment innovation et tradition dialoguent dans un même matériau. Le bois devenait interface : entre contraintes techniques et exigences environnementales, savoir-faire et technologies contemporaines, rationalité constructive et atmosphère vécue. À travers la sélection présentée, l’exposition soulignait ce glissement où le matériau n’était plus seulement support, mais acteur de la conception, déterminant formes, ambiances et temporalités.Visuels © : Jan Bitter Précédent Suivant