À l’occasion du programme artistique « La Grande Manufacture », l’Hôtel Le Grand Mazarin poursuit son dialogue avec la création contemporaine. Après l’artiste Héléna Soubeyrand au printemps, c’est le duo Pangea, fondé par Colombine Jubert et Laëtitia Rouget, qui investit les vitrines de l’établissement à partir du 24 septembre avec une installation inédite intitulée Les Tendres Épouvantails.

Conçu comme une passerelle entre l’hôtellerie et l’art, le projet « La Grande Manufacture » est né de la volonté de Maisons Pariente de faire du Grand Mazarin un lieu d’expression pour les artistes émergents et confirmés. Les vitrines, visibles depuis la rue de la Verrerie, se transforment au fil des saisons en galerie à ciel ouvert, où chaque exposition tisse un lien direct entre le quartier du Marais et la scène artistique parisienne.

Avec Les Tendres Épouvantails, Pangea propose une œuvre poétique et engagée. Entre sculpture et installation, une série de totems hybrides, à mi-chemin entre girouettes et pantins articulés, prend vie à partir de matériaux recyclés : tissu, métal, béton. Ces silhouettes colorées, joyeuses et fragiles à la fois, évoquent des figures protectrices surgissant du sol pour questionner notre rapport à la direction, à la marche et à l’équilibre dans un monde en mouvement. Le dernier de ces épouvantails semble s’échapper du cadre, amorçant une ascension vers les cieux — métaphore d’un élan créatif qui dépasse les frontières du réel.

Cette installation prolonge la démarche du duo, inspiré de la Pangée, le continent originel. Depuis 2020, Colombine Jubert et Laëtitia Rouget explorent, à travers Pangea, l’idée d’un monde commun et sans frontières, où art, design et performance se rejoignent. Leurs créations, pensées comme des fragments d’utopie tangible, mêlent joie, liberté et engagement. Diplômées de la Central Saint Martins à Londres, les deux artistes conjuguent leurs univers respectifs : la direction artistique venue de la mode pour Jubert, et la peinture et la céramique pour Rouget. Ensemble, elles développent une esthétique colorée et onirique, nourrie par une approche artisanale et une réflexion sur la durabilité.

Quelques mois plus tôt, la plasticienne et performeuse Héléna Soubeyrand inaugurait la saison avec une œuvre centrée sur le féminin et le cycle créatif. Ses portraits ambidextres, peints à l’acrylique et à l’encre, formaient un triptyque célébrant la lumière, la féminité et la puissance de la création. « J’avais envie de célébrer les femmes comme source de l’humanité. Les articuler dans un monde utopique comme un bouclier face à l’obscurité », expliquait-elle.

Sous l’impulsion de Maisons Pariente, Le Grand Mazarin devient alors un hôtel-galerie où l’art devient partie intégrante de l’expérience. Derrière ses 47 chambres et 14 suites au décor éclectique, le lieu cultive une vision singulière : celle d’un espace vivant, ouvert sur la ville et sur la création. Avec La Grande Manufacture, il affirme son rôle de passeur entre hospitalité et expression artistique, invitant le public à ralentir, regarder, et rêver.

 

Visuels © : AlexSocks

 



Book des Lauréats des MIAW

 
BOOKCOUVSTE 

d'architectures en kiosque

DA 325 COUV MAI2025SITE