Pour le second volet de ses expositions dans le sud de la France, l’artiste et céramiste Olivia Cognet dévoile “Visions”, une installation monumentale pensée en dialogue avec Mareterra, ce nouveau quartier littoral imaginé par Renzo Piano à Monaco. Une architecture flottante, suspendue entre ciel et mer, dans laquelle ses œuvres trouvent un écho physique et symbolique.

Bas-reliefs, laves émaillées, luminaires sculpturaux, totems, tables de grande échelle ou formes hybrides : la sélection de pièces présentée ici donne corps à un vocabulaire plastique immédiatement reconnaissable, façonné dans une terre locale, brute mais jamais frustre. Olivia Cognet travaille le grès comme on écrit une phrase : avec rythme, nuance, souffle. Chacune de ses œuvres engage un dialogue entre matière et espace, où la monumentalité n’efface jamais la fragilité du geste.

Cette installation en extérieur, présentée jusqu’au 23 novembre 2025, s’ancre dans le site exceptionnel de Mareterra, territoire inédit à Monaco. Pensé comme un prolongement du littoral, ce projet d’aménagement sur la mer conjugue paysage, architecture et écologie. Dans cet environnement construit mais ouvert, les œuvres de Cognet s’inscrivent à l’interface du sol et de la lumière, dans une relation organique à l’élémentaire.

Formée à la Villa Arson à Nice et influencée aussi bien par l’héritage de Vallauris que par la scène californienne — où elle a vécu six ans et appris à travailler la terre —, Olivia Cognet élabore une grammaire moderniste qui brouille les frontières entre sculpture et objet, entre art et design. Elle débute toujours par le dessin avant de se confronter à la matière. Le grès qu’elle utilise, dans ses trois teintes naturelles, lui permet d’explorer une forme de tension entre austérité et sensualité, entre verticalité brute et détails émaillés aux reflets profonds.

Dans “Visions”, cette tension se traduit par une mise en scène rigoureuse de la verticalité : les formes s’élèvent, s’ancrent, se densifient ou s’allègent, selon qu’elles cherchent à capter le ciel ou à épouser le sol. L’exposition devient ainsi une traversée sensorielle, une constellation de signes où l’on perçoit tour à tour l’écho des paysages du sud, la mémoire des gestes vernaculaires, et l’élan contemporain vers une création plus libre.

 

Visuels © : Eleonora Paciullo



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