Jusqu’au 11 janvier 2026, l’église Saint-Pierre de Firminy – dernier bâtiment conçu par Le Corbusier – accueille Nos pieds d’argile, une exposition conçue par matali crasset dans le cadre de la 13e Biennale Internationale Design Saint-Étienne. Une invitation à réfléchir à notre ancrage terrestre, entre fragilité humaine et conscience écologique.

Prenant place dans l’imposante structure bétonnée imaginée par Le Corbusier et finalisée par son disciple José Oubrerie, le projet se déploie en trois temps, trois séquences pour interroger nos manières d’habiter le monde : réparer le terrain, le réhabiter, puis le préparer. À travers une série de neuf installations design, pensées comme des outils d’émancipation collective, matali crasset esquisse des réponses concrètes à l’urgence environnementale et sociale.

La première partie, Nous réparons le terrain, ouvre la réflexion avec des dispositifs de dialogue collectif. Parmi eux, un séchoir collectif conçu en partenariat avec les étudiants de la HEAD Genève, activé en extérieur comme point de ralliement communautaire. Dans la nef de l’église, les gradins sont mis à contribution, invitant le public à s’asseoir, échanger, questionner.

La deuxième séquence, Nous réhabitons le terrain, explore les attachements, les récits situés et la relation au territoire. Crasset y propose trois installations qui matérialisent de nouveaux usages et modes de vie, en lien direct avec leur environnement. Une approche contextuelle qui mêle design, récit et transmission.

La dernière partie, Nous préparons le terrain, présente un démonstrateur grandeur nature : une habitation pensée comme interface entre le vivant, le sol et l’humain. Entièrement bioclimatique, cette structure manifeste préfigure une architecture ancrée, low-tech, et réversible.

L’exposition se conclut sur une double œuvre qualifiée de « fantaisie » par la designeuse. Deux installations poétiques, qui s’autorisent l’écart et l’imaginaire, pour évoquer la légèreté retrouvée. Le sol de l’église, recouvert de copeaux de bois, participe de cette mise en scène sensorielle. La scénographie investit les gradins de l’église et se lit comme un parcours entre passé enfoui et futurs possibles. Une citation du philosophe David Abram éclaire ce choix : « Le passé serait le sol même sur lequel nous progressons ».

 

Visuels © : Arnaud Frich



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