Du 1er mai au 2 novembre 2025, le musée Lalique de Wingen-sur-Moder consacre une exposition inédite à l’un des créateurs les plus singuliers de son temps : René Lalique, non pas seulement bijoutier ou verrier, mais aussi penseur de l’espace et de la lumière, au croisement de l’architecture et de la décoration.

Intitulée « René Lalique, architecte et décorateur », l’exposition met en lumière une facette moins explorée de son œuvre : son apport à l’architecture intérieure, la scénographie commerciale, la conception de vitrines, de panneaux en verre moulé-pressé, de fontaines urbaines ou de dispositifs lumineux qui structurent des lieux. Au total, près de 130 pièces sont présentées dans un espace scénographié par l’atelier Caravane.

Le point de départ du parcours : l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925 à Paris, où Lalique intervient sur près d’une vingtaine de lieux. Il y conçoit son propre pavillon, des éléments pour la Porte d’Honneur, la spectaculaire fontaine Les Sources de France et de nombreuses vitrines et objets pour parfumeurs et maisons de luxe. L’ensemble de ces interventions illustre sa capacité à articuler production verrière et narration spatiale.

L’exposition documente également ses collaborations avec l’architecte Marc Ducluzeaud, l’agencement de boutiques (comme celles de Coty à New York ou Worth à Cannes), ou encore la création de fontaines monumentales comme celles du rond-point des Champs-Élysées, commandées par la Ville de Paris en 1932.

Lalique n’hésite pas à mettre en œuvre ses propres techniques de moulage et de montage pour concevoir cloisons, verrières ou panneaux décoratifs, jusqu’à breveter un système d’assemblage de carreaux de verre. Son approche préfigure une forme d’industrialisation artisanale, où le motif, l’éclairage et la surface deviennent les outils d’une spatialisation décorative.

Outre les espaces commerciaux ou les expositions universelles, René Lalique travaille aussi pour des résidences privées. Son propre hôtel particulier, construit en 1902 cours Albert Ier à Paris, incarne son rapport intime à l’art total : portes en verre, frises, tapisseries, luminaires, vitrines d’exposition. Il participe également à l’aménagement de l’hôtel du parfumeur Jacques Rouché, ou encore de celui du couturier Jacques Doucet.

En filigrane, l’exposition interroge la place du verre comme matière d’architecture : décorative, structurante, lumineuse. Le parcours se prolonge dans les collections permanentes du musée grâce à un système de QR codes, créant un dialogue entre objets et architecture.

 

Visuels © : Musée Lalique, Coll. privée - Studio Y. Langlois



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