À Issy-les-Moulineaux, la transformation du quartier du Pont d’Issy atteint son plein aboutissement avec près de 80 000 m² réalisés sous la direction de Françoise Raynaud, fondatrice de Loci Anima Architectures. Portée par la municipalité d’André Santini, la SPL Seine Ouest Aménagement, AXA IM Alts et Sefri-Cime, l’opération réunit logements, bureaux, commerces, crèche et vastes espaces plantés en lien direct avec la Seine. Elle forme aujourd’hui un ensemble cohérent, pensé comme un écosystème urbain où quatre bâtiments majeurs dialoguent et composent une nouvelle interface entre ville dense et bord de fleuve.

Loci Anima décrit cette famille architecturale comme « des organismes vivants » qui auraient poussé depuis les berges vers le ciel, chacun suivant sa logique propre tout en restant en symbiose. Au sud, la tour ADN traduit cette vision. Les 69 logements s’organisent autour de terrasses-jardins de 18 m², décalées d’un étage à l’autre, introduisant la typologie de la Vertical Terrace House. Inspirée d’une double hélice, la géométrie permet d’éviter les ombres portées et d’offrir à chaque logement une double ou triple orientation, dont au moins une vue sur la Seine.

Face au fleuve, le campus AQUAREL (siège de Capgemini) développe une composition stratifiée tournée vers l’eau et articulée autour d’un jardin central. Avant sa livraison, il a été complété par une extension bois de sept étages montée en seulement douze semaines, l’une des premières réalisations de cette ampleur en structure bois en France. Plus au nord, les tours siamoises KOALA — 17 étages pour l’une, 13 pour l’autre — regroupent logements sociaux et en accession dans une morphologie sculptée par les vues et l’ensoleillement. Mitoyennes sur sept niveaux, elles proposent de larges terrasses qui prolongent les intérieurs.

En tête d’îlot, KEÏKO (siège d’Aéma Groupe) marque l’entrée ouest de la ville. Haut de 66 mètres, le bâtiment adopte une double volumétrie inclinée, réduisant son emprise au sol et préservant les abords immédiats. Sa façade simple-peau, dotée d’une sérigraphie numérique appliquée à l’extérieur des vitrages — une première en France — permet de diminuer de 15 % la consommation énergétique liée à la protection solaire.

L’écologie irrigue l’ensemble du projet : formes architecturales, choix des matériaux, façades, terrasses végétalisées, renaturation en bord de Seine. L’opération illustre ce que Françoise Raynaud décrit comme un « animisme post-industriel », où les bâtiments, intégrés au vivant, s’orientent littéralement vers la lumière et les vues.

Avec 60 000 m² de bureaux, 190 logements, 1 200 m² de commerces et une crèche de 60 berceaux, le Pont d’Issy s’affirme comme un quartier mixte, dense mais largement ouvert sur son environnement. Pour AXA IM Alts, il contribue pleinement « à la reconquête des berges de Seine » et à la création d’une valeur durable pour le territoire.

 

Visuels © : Nicolas Grosmond, Grégoire Crétinon, Jean-Pierre Porcher



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