Au pied des massifs alpins, la nouvelle résidence universitaire Joséphine Baker s’inscrit dans la continuité paysagère du campus de Saint-Martin-d’Hères. Conçue par Ateliers A+ et Atelier Métis, elle accueille 506 logements étudiants répartis dans deux volumes en R+5 et R+7, dont la géométrie rigoureuse s’articule autour d’un cœur d’îlot végétalisé.

L’ensemble reprend la trame orthonormée imaginée par Peter Arhends pour le campus, tout en dialoguant avec l’horizon montagneux. Les architectes ont cherché à établir un équilibre entre rigueur urbaine et ancrage naturel : la composition s’appuie sur la lumière, les transparences et une matérialité sobre. En façade, le béton matricé alterne avec des éléments en bois, offrant une vibration subtile au fil de la journée. Les cannelures verticales et les creux linéaires animent les élévations, tandis qu’un socle sur pilotis décolle le bâtiment du sol pour répondre au caractère inondable du site. Les poteaux inclinés accentuent la sensation de légèreté et libèrent les vues vers le jardin central.

Sur ce cœur d’îlot, le langage architectural se fait plus doux. L’ossature bois devient dominante, prolongeant la présence végétale du campus. Les cheminements piétons serpentent entre les tilleuls préservés et les nouvelles plantations. Cet espace, pensé comme une clairière partagée, offre aux résidents un lieu de respiration et de convivialité.

Les intérieurs prolongent cette cohérence. Le bois, omniprésent dans les halls, les espaces de coworking, les salles de convivialité et jusque dans le mobilier, confère une chaleur domestique aux lieux. Les logements, traversants ou largement ouverts sur l’extérieur, multiplient les vues vers la Chartreuse, Belledonne et le Vercors. De grandes fenêtres urbaines ponctuent les circulations, apportant lumière naturelle et pauses visuelles dans les couloirs.

La conception bioclimatique oriente les bâtiments en L inversé, protégeant les façades principales des vents froids du Grésivaudan tout en formant un microclimat intérieur. Le parc central régule naturellement les ambiances thermiques. Les matériaux à fort albédo, l’isolation en fibre de bois et la structure légère en ossature bois participent au confort d’été et à la sobriété énergétique. En toiture, 214 m² de panneaux photovoltaïques produisent une partie de l’électricité consommée, complétés par un système de récupération des eaux pluviales pour l’arrosage des espaces verts.

Labellisée NF Habitat HQE – Très performant, la résidence dépasse de 10 % les exigences de la RE 2020. Cette attention technique rejoint une écriture architecturale précise et mesurée, qui fait de la matière un outil de dialogue entre campus et paysage. Les 10 942 m² du projet traduisent une volonté claire : concevoir un habitat collectif où la structure, la lumière et la nature composent un cadre de vie sobre, fonctionnel et ouvert.

 

Visuels © : Camille Gharbi



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