Au cœur du VIIIe arrondissement de Paris, PCA-STREAM signe la métamorphose du siège mondial d’AXA. Conçu dans les années 1990 par Ricardo Bofill à l’initiative de Claude Bébéar, l’ensemble de plus de 20 000 m² réunissait déjà un hôtel particulier du XVIIIe siècle, deux bâtiments modernistes et un jardin dans une composition audacieuse pour l’époque. Trente ans plus tard, le groupe engage une relecture en profondeur pour adapter le site aux enjeux du XXIe siècle : mutation des modes de travail, quête de sens et de flexibilité, engagement environnemental et besoin d’espaces relationnels.

PCA-STREAM a mené une transformation globale, inscrite dans une vision post-carbone. Les architectes ont recomposé les usages autour du vivant, favorisé les circulations et les rencontres, replacé le jardin au centre comme régulateur écologique et social, et conçu un ensemble évolutif et ouvert. « Repenser un siège social aujourd’hui, c’est s’interroger sur la façon dont on travaille, dont on interagit, dont on fait collectif. Avec AXA, nous avons imaginé un environnement capable de répondre aux grandes transitions à l’œuvre : écologique, collaborative, culturelle », souligne Philippe Chiambaretta, fondateur de PCA-STREAM.

Le site illustre trois siècles d’architecture tertiaire superposés : l’Hôtel de La Vaupalière, classé, des immeubles modernistes des années 1950-1960 et les extensions contemporaines de Bofill. L’intervention vise à révéler les qualités de chaque strate et à les articuler dans un récit cohérent. Les bâtiments ont été connectés par une infrastructure commune, un socle de services partagés a été créé, et les circulations réorganisées pour relier architecture et jardin. Des terrasses, de nouvelles percées visuelles et un rooftop généreux participent à cette ouverture, offrant des espaces flexibles et collaboratifs.

Le jardin, partiellement classé, a été restauré et densifié avec Coloco, Camille Muller, Mugo et l’Atelier Franck Boutté. Véritable pivot du projet, il offre fraîcheur, biodiversité et convivialité. Il relie les différentes architectures, orchestre les transitions entre passé et présent, et introduit une respiration dans la densité du quartier. La façade du bâtiment Rabelais, largement végétalisée, incarne cette relation renouvelée à la nature et rend visible l’ambition d’une architecture vivante.

Le projet repose sur une approche sobre et durable : conservation des structures existantes, recours à des matériaux biosourcés ou recyclés, solutions énergétiques sobres dont la géothermie. L’approche bioclimatique exploite l’inertie des matériaux, la gestion solaire passive et la ventilation naturelle, tandis qu’une attention particulière est portée à l’acoustique et à la qualité de l’air. Chaque façade a été pensée selon son orientation, et la lumière naturelle structure l’ensemble, améliorant confort et efficacité énergétique. Les matériaux traduisent ce même souci : bois certifiés, enduits minéraux, textiles recyclés, terrazzo issu de réemplois sur d’anciens sites AXA.

 

Visuels © : Salem Mostefaoui



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