À Levallois-Perret, le Château de l’Hertford British Hospital renoue avec son architecture d’origine tout en s’ouvrant à de nouveaux usages. Construite entre 1877 et 1879 par Paul Ernest Sanson, cette bâtisse néogothique d’inspiration anglaise — longtemps consacrée aux soins, notamment à travers sa maternité restée active jusqu’à la fin du XXe siècle — connaît aujourd’hui une réhabilitation complète menée par Maud Caubet Architectes pour le compte de la Hertford British Charitable Fund.

L’ambition du projet : faire dialoguer la mémoire du lieu avec un programme contemporain, mixant espaces de coworking, de restauration et de formation. La transformation se fonde sur un relevé précis de l’existant, croisé à un corpus d’archives et de plans anciens, pour redonner au bâtiment sa cohérence sans céder à une restitution figée. Loin du pastiche, l’intervention propose une réinterprétation sobre et respectueuse de l’édifice, attentive aux détails constructifs et à la lisibilité des volumes.

Les façades en pierre et en brique, ponctuées de baies en arcs brisés ou polylobés, sont restaurées avec précision. Les menuiseries PVC sont remplacées par des éléments performants respectueux du dessin d’origine : bois clair pour les fenêtres rectangulaires, acier noir pour les ouvertures gothiques, tandis que la porte principale retrouve son tracé de 1879. À l’intérieur, la restructuration redistribue les circulations et adapte les lieux aux normes actuelles d’accessibilité, sans rupture visuelle ou formelle. Escaliers encloisonnés, ascenseur et dispositifs PMR sont intégrés avec discrétion.

Le traitement des combles, jusqu’ici inoccupés, permet de libérer de nouveaux plateaux. Sous les voûtes et modénatures d’origine, les espaces de travail gagnent en caractère. L’agence mène ici un véritable travail de couture : révéler les qualités intrinsèques du bâti tout en adaptant son enveloppe aux exigences thermiques et structurelles d’un usage tertiaire. Isolation par l’intérieur, renforcement ciblé, matériaux biosourcés : chaque intervention vise un équilibre entre performance et préservation.

L’écriture paysagère confiée à Lynda Harris prolonge cette approche. Le jardin historique, dessiné « à l’anglaise », est réinterprété avec une palette indigène et peu gourmande en eau. Les arbres remarquables sont conservés, de nouveaux massifs introduits, et les anciens cheminements élargis avec des matériaux perméables. Les zones arrière, autrefois dédiées à des usages techniques, sont désormais végétalisées, apportant fraîcheur et cohérence à l’ensemble.

Au-delà du Château, le projet s’inscrit dans une requalification d’ensemble de la parcelle. Deux bâtiments de bureaux adjacents voient leurs façades retravaillées dans le respect du vocabulaire architectural du site. À l’extrémité sud, l’ancienne maternité devient un immeuble résidentiel. Son volume simple est conservé, agrémenté de balcons filants offrant à chaque logement une ouverture vers l’extérieur.

 

Visuels © : Charly Broyez



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