L'architecte Leo Berellini conçoit une salle polyvalente dans la pente et la terre du domaine d’Ors À Châteaufort, dans les Yvelines, Leo Berellini livre une salle polyvalente entièrement pensée pour s’effacer dans son environnement. Enfouie dans une clairière, insérée dans la pente et couverte d’une toiture végétalisée, cette nouvelle construction prend place à l’arrière des anciens communs du château du domaine d’Ors, au cœur d’un parc classé en Réserve naturelle régionale.Le projet répond à un besoin précis : remplacer une salle vétuste située en centre-bourg, source de nuisances et inadaptée aux usages d’une commune active culturellement. Théâtre, musique, danse, expositions et banquets rythment la vie locale. Pour accueillir ces événements, la municipalité choisit un site à l’écart, chargé d’histoire, et confie à Leo Berellini la mission de faire dialoguer nature, patrimoine et usages contemporains.La nouvelle salle s’aligne discrètement dans l’axe de la composition historique, à distance réglementaire des bâtiments existants, et se relie aux communs par deux galeries vitrées. Son insertion dans le terrain est assumée : les murs latéraux, partiellement enterrés, sont réalisés en pisé, matériau issu du site, travaillé en strates, comme un prélèvement géologique révélant la mémoire de la colline.Ce pisé porteur, épais de 60 cm et haut de près de 6 mètres, est doublé côté intérieur par un béton de chanvre banché laissé brut. Cette association technique et écologique a nécessité une ATEX B auprès du CSTB et un travail de R&D précis, mené avec le bureau d’études Vessière et Craterre. Si les premières analyses de sol se sont révélées infructueuses, la terre exploitable a finalement été trouvée sur la piste d’accès au chantier. Broyée, enrichie de sable limoneux, de graviers et de chaux hydraulique naturelle, elle a été mise en œuvre sur site par une équipe dédiée.L’ensemble repose sur des fondations superficielles en béton non armé adaptées au terrain sableux. La structure est portée par deux murs en béton armé au nord et au sud, sur lesquels viennent s’appuyer des PRS en acier de grande portée, soutenant des pannes en bois espacées de 1,50 m. Ces pannes prolongent la toiture au-delà des murs, créant des porte-à-faux qui abritent les élévations en pisé.La performance thermique du bâtiment est renforcée par 20 cm d’isolation en toiture, une dalle sur polystyrène, des murs partiellement enterrés et un système de ventilation double flux couplé à une pompe à chaleur réversible. Le choix du béton de chanvre vient compléter cette approche passive, en assurant régulation hygrométrique et confort d’usage. Visuels © : Michel Denance Précédent Suivant