Dubaï : Kristina Zanic Consultants repense l'hospitalité émiratie avec le restaurant Gerbou Au sud de Dubaï, dans le quartier discret de Nad Al Sheba, le restaurant Gerbou s’impose comme l’un des établissements les plus singuliers de l’année. Sélectionné parmi les plus beaux restaurants du monde par le Prix Versailles 2025, ce projet signé Kristina Zanic Consultants, en collaboration avec Tasmeem Tashkeel, puise dans l’architecture vernaculaire émiratie pour proposer une expérience sensorielle raffinée, enracinée dans la culture locale.Gerbou, qui signifie « bienvenue dans notre humble demeure », revendique une approche sensible du lieu, où la tradition ne s’oppose jamais à la modernité. Dès l’entrée, le patio central évoque les maisons anciennes de la région, organisées autour d’un cœur à ciel ouvert. Les matériaux choisis rappellent les ressources naturelles du pays, avec une interprétation résolument contemporaine : écailles de poisson transformées en suspensions organiques, cuir de chameau travaillé pour les banquettes, bois de ghaf sculpté en assises au design sobre et élégant.Le geste architectural ne cherche pas l’effet spectaculaire. Il enveloppe. Il suggère, plutôt qu’il ne démontre. Un équilibre délicat qui s’accorde avec la cuisine du chef Ionel Catau, où les saveurs patrimoniales sont retravaillées avec précision. Plus de 70 % des ingrédients proviennent de fournisseurs locaux, prolongeant jusque dans l’assiette cette volonté d’ancrage. Entre plats inspirés de recettes ancestrales et techniques gastronomiques actuelles, la carte compose un dialogue entre passé et présent, à l’image du décor.En filigrane, Gerbou raconte l’histoire d’une hospitalité renouvelée, attentive, où chaque détail – des textures murales jusqu’à la lumière filtrée – participe à créer un climat de confiance et de calme. Ici, le luxe n’est pas ostentatoire. Il se glisse dans la cohérence du lieu, dans le soin porté aux matériaux comme à l’accueil.Loin des clichés d’un Dubaï futuriste et clinquant, Gerbou incarne un autre visage de la ville : plus intime, plus lent, plus enraciné. Visuels © : Gerbou, Anique-Ahmed, John Marsland Précédent Suivant