Au 29 avenue Pierre-1er-de-Serbie, dans le 16e arrondissement de Paris, le studio PDA signe la réhabilitation complète d’un immeuble haussmannien de 1901, transformé au fil du temps par ses usages tertiaires. Baptisé Virtuose, le projet restitue une lecture claire de l’édifice en conciliant son identité patrimoniale et les exigences d’un immeuble prime contemporain.

Derrière ses façades aux modénatures restaurées à l’identique, le bâtiment cache une intervention lourde, pensée comme un dialogue constant avec l’existant. Le plan originel, les archives, les matériaux, les systèmes constructifs ont été scrutés pour réancrer l’immeuble dans une continuité architecturale lisible. Rien d’ostentatoire, ici : chaque intervention vient révéler plutôt que remplacer. L’architecture se place dans une logique de réparation, sans fioriture.

Le hall, intégralement redessiné, devient le pivot d’un bâtiment qui articule désormais de nouveaux flux verticaux et horizontaux. À l’intérieur, les plateaux libérés offrent des espaces modulables : cloisonnements souples, open spaces ou zones tampons peuvent cohabiter. Ce socle fonctionnel a permis de répondre aux normes contemporaines : accessibilité, sécurité, performance énergétique, tout en respectant la trame et les qualités spatiales d’origine.

Sous la cour, le sous-sol a été ouvert pour accueillir une agora en lumière naturelle, grâce à une verrière posée sur une dalle ajourée. En toiture, l’extension du dernier niveau et la création de percements apportent une spatialité nouvelle, là où les combles restaient jusqu’ici inexploités. Ces interventions discrètes transforment l’expérience du bâtiment sans en dénaturer l’écriture.

Les espaces communs ont été traités avec une attention particulière : éclairage indirect, bois, textures minérales et éléments acoustiques construisent un parcours fluide et hiérarchisé. L’ensemble reste lisible, réversible, adaptable. Le bâtiment devient réactif, prêt à accueillir une diversité d’usages sans lourds travaux de transformation.

L’opération prend également position sur le plan écologique. Le choix de la réhabilitation – et non d’une reconstruction – inscrit le projet dans une démarche sobre. Le bâti existant est valorisé, les structures conservées autant que possible, et les matériaux sélectionnés pour leur durabilité. La cour intérieure devient un jardin, jouant un rôle bioclimatique autant qu’esthétique. Une canopée vient réguler lumière et chaleur, tandis que chaque niveau profite d’un espace extérieur, pensé comme une extension du lieu de travail.

 

Visuels © : Florian Wattier



Book des Lauréats des MIAW

 
BOOKCOUVSTE 

d'architectures en kiosque

DA 325 COUV MAI2025SITE