L’Hôtel de Pourtalès, un écrin Arty et discret signé Labaye Sumi Studio Derrière son portail écarlate, l’Hôtel de Pourtalès cultive une présence à part dans le paysage hôtelier parisien. Situé rue Tronchet, à quelques pas de La Madeleine, cet hôtel particulier construit en 1839 dans un style néo-renaissance, puis classé en 2002, accueille aujourd’hui des visiteurs en quête d’intimité dans des appartements aux volumes rares. Entièrement rénové, le lieu a été repensé par Labaye Sumi Studio, qui y déploie une lecture contemporaine de l’hospitalité, entre mémoire architecturale, design de collection et interventions artistiques.L’enjeu du projet tenait d’abord à l’articulation entre deux époques. D’un côté, l’édifice du XIXe siècle, marqué par ses arcades, pilastres et frises inspirés des palais toscans propres à l’architecture de Duband. De l’autre, un bâtiment de 1960, plus contemporain, avec lequel il fallait composer sans gommer les différences. Labaye Sumi Studio choisit de travailler par continuités, en recherchant une cohérence d’ensemble plutôt qu’un contraste frontal. Cette approche passe notamment par une gradation chromatique, où les tonalités chaudes et lumineuses sont ponctuées de vert et de jaune, en dialogue avec la végétation des suites dotées de terrasses.L’esprit arty du lieu ne repose pas sur une accumulation décorative, mais sur une série d’interventions précises. Dans la suite Garden Duplex, qui développe 345 m², une fresque réalisée par l’atelier parisien Redfield & Dattner constitue l’un des gestes les plus lisibles du projet. Pensée comme un clin d’œil aux grandes fresques du XIXe siècle, elle reprend la palette de l’appartement, composée de nuances brique, sauge et anthracite, que les deux créatrices animent par des reflets d’or. L’intervention inscrit l’art dans l’usage quotidien de la suite, sans transformer l’espace en décor figé.Les neuf appartements associent mobilier vintage, pièces de designers et créations sur mesure. La sélection réunit des figures telles que Charlotte Perriand, Gerrit Rietveld, Carlo Scarpa et Le Corbusier, mais aussi des représentants de la jeune scène française, parmi lesquels Garnier & Linker et Studio Pool. Labaye Sumi Studio complète cet ensemble par une collection de pièces conçues spécifiquement pour le lieu. Cette attention portée au mobilier prolonge la volonté du studio de construire une atmosphère par les détails, plutôt que par des effets spectaculaires.Visuels © : Stephan Julliard Précédent Suivant