STUDIOTAMAT réinterprète une villa moderniste au charme vintage dans les Castelli Romani Au cœur des collines verdoyantes des Castelli Romani, à quelques pas de la Villa Grazioli, STUDIOTAMAT a redonné vie à une demeure des années 1960 en conjuguant héritage moderniste et esprit vintage. Inspirée de l’architecture usonienne de Frank Lloyd Wright, la villa conserve ses lignes épurées, son plan rationnel et l’usage de matériaux naturels en continuité avec le paysage. Conçue à l’origine comme résidence secondaire, elle est aujourd’hui le foyer d’un couple actif et de leurs trois filles, entre sérénité et modernité.Les architectes Tommaso Amato, Matteo Soddu et Valentina Paiola ont puisé dans le vocabulaire de l’époque pour en préserver la philosophie tout en insufflant un regard contemporain. Pierres, briques, bois et béton ont été restaurés et mis en dialogue avec des interventions plus légères, jouant sur la lumière et la fluidité des espaces. La suppression de cloisons et de couloirs a permis de retrouver un plan ouvert, fidèle à l’esprit des maisons modernistes, tout en valorisant la continuité entre intérieur et extérieur.« Tout au long de la rénovation, nous avons mis en avant les détails architecturaux d’origine qui ont inspiré certains meubles sur mesure. Prenez, par exemple, les fenêtres de la cuisine et le bureau de Sara à l’étage, tous deux marqués par un motif en losange central, clin d’œil aux ferronneries des années 1950 présentes dans la villa », précise Matteo Soddu, cofondateur de STUDIOTAMAT.Dès l’entrée, le ton est donné : un placard sur mesure habillé du tissu Viceversa Monet de L’Opificio et souligné de noyer Tanganika évoque le raffinement des intérieurs italiens d’après-guerre. Les menuiseries d’origine en hêtre ont été soigneusement restaurées, tandis que les cheminées en pierre, désormais intégrées aux murs du salon et de la salle à manger, renforcent cette atmosphère d’élégance brute.Le grand escalier elliptique, véritable pivot de la composition, articule symétriquement le rez-de-chaussée. À l’est, un mur de pierre encadre la cheminée du coin conversation ; à l’ouest, la cuisine américaine de 40 m², avec son îlot central en travertin rouge de Perse, incarne un luxe discret et chaleureux. Les panneaux coulissants dissimulent les appareils, et une cloison vitrée toute hauteur sépare la cuisine de la salle à manger sans rompre la transparence.Le mobilier, quant à lui, revendique une esthétique résolument vintage. Les canapés Marenco d’Arflex, dessinés dans les années 1970, s’associent aux chaises Cesca de Marcel Breuer et au pouf Rammendi de Punto Zero. Ce mélange d’icônes modernistes et de créations contemporaines exprime la volonté du studio de renouer avec un design émotionnel, ancré dans la mémoire.À l’étage, le parquet en chêne clair, posé en motif “sister”, unifie les chambres. Le bureau vitré de Sara, baigné de lumière et coiffé d’un plafond rouge toscan signé Little Greene, évoque les ateliers domestiques des années 1950. Dans la suite parentale, un mur revêtu du papier Colony dissimule l’accès à une salle de bain en marbre Arabescato, tandis que les chambres des filles associent textiles L’Opificio, papiers peints Disney Home et carreaux Tivoli de Cristina Celestino.Sous les toits, un espace détente à l’ambiance rétro – sol en caoutchouc terracotta signé Artigo, mobilier minimal et vue panoramique sur Rome – conclut la composition sur une note ludique. Par le dialogue subtil entre formes organiques, matières naturelles et références modernistes, STUDIOTAMAT signe une villa à la fois intemporelle et profondément habitée, où le charme du passé se fond dans la modernité du présent. Visuels © : Peter Molloy Précédent Suivant