À Cannes, Régis Botta a réinventé un penthouse de 65 m² pour des clients souhaitant un pied-à-terre lumineux, contemporain et ponctué de touches « bling ». L’idée a été de reprendre certains codes associés aux décors excessifs – marbres polis, miroirs, dorures – pour les épurer et leur donner une interprétation plus subtile.

L’appartement s’organise autour d’un grand séjour ouvert sur une terrasse et d’une chambre principale. Au centre du plan, une petite suite d’invités a été créée sans ouverture vers l’extérieur. Pensée comme une « cage dorée », elle constitue le cœur du projet. Son enveloppe est marquée par un claustra en lames de laiton brossé qui vient habiller l’espace et lui conférer une dimension précieuse.

L’ambiance intérieure se veut éclatante. Le sol et certains murs sont recouverts d’un marbre poli aux veines dorées, renforçant la luminosité et la continuité visuelle. De grands miroirs muraux, inclinés, recomposent les perspectives et ouvrent de nouvelles vues à l’intérieur de l’appartement. Le mobilier, imaginé spécifiquement, accentue ce jeu de matières et de reflets : les chaises sont recouvertes de cuir doré et les canapés de cuir argenté. Ces choix matérialisent l’équilibre recherché entre sophistication et dépouillement.

La lumière tient une place déterminante. Les larges baies vitrées apportent un éclairage naturel modulé par des stores à lames verticales. L’éclairage artificiel, intégré de manière architecturale, est créé par une série de fines gorges lumineuses qui se déploient parallèlement au plafond. Ces lignes dessinent l’espace et, en se reflétant dans les miroirs inclinés, génèrent des effets kaléidoscopiques. L’appartement se transforme alors en décor vivant, rythmé par la lumière et les reflets.

Ce projet illustre la démarche de Régis Botta, architecte d.p.l.g. formé à l’École d’Architecture de Paris-Belleville en 2007. Après avoir fondé son agence en 2011, il développe une approche où l’architecture, l’architecture intérieure et le design s’entrecroisent. Son travail s’appuie sur une épure fonctionnelle, où chaque ligne est justifiée par l’usage. Il revendique une « géométrisation de la lumière », pensée comme une matière à sculpter. Loin de la recherche d’effets chromatiques, il privilégie le ton, qu’il considère intemporel. L’utilisation de matériaux naturels et authentiques reste une constante, selon lui indissociable de l’élégance architecturale.

Au fil de ses réalisations, Régis Botta et son agence répondent aussi bien à des commandes privées qu’à des projets développés pour de grandes marques et des groupes de luxe. Dans ce pied-à-terre cannois, l’ensemble des choix – marbre poli, laiton brossé, miroirs inclinés, cuirs métallisés – compose un univers précis, pensé pour mettre en valeur la lumière et créer une atmosphère où l’excès devient matière à réinterprétation.

 

Visuels © : Luc Boegly



Book des Lauréats des MIAW

 
BOOKCOUVSTE 

d'architectures en kiosque

DA 325 COUV MAI2025SITE