Atelier Senzu met en lumière les dessous du Grand Palais Alors que les travaux de restauration du Grand Palais entrent dans leur dernière phase, l’institution ouvre ses galeries sud au public avec une installation scénographique inédite, imaginée par l’Atelier Senzu, en collaboration avec le designer Samy Rio et le bureau de création graphique 2x4.Située dans l’une des seules ailes accessibles pendant les travaux, cette mise en scène s’écarte de toute tentation spectaculaire. Elle s’attache à montrer ce qui, d’ordinaire, reste invisible : la structure, les techniques, les gestes, les choix de matériaux. Dès l’entrée, le ton est donné : une voûte sombre, comme un tunnel fictif, plonge les visiteurs dans un univers souterrain, fait de métal, de béton brut et de lumière rasante.Ce clair-obscur étudié est le premier outil narratif du projet. La lumière devient ici un matériau à part entière : elle guide les pas, découpe les volumes, révèle les textures. Utilisée de façon ciblée et ponctuelle, elle accompagne une scénographie pensée comme un parcours physique et mental à travers les strates du bâtiment.La grande salle centrale est structurée par une charpente suspendue en métal noir, qui évoque les galeries techniques et les vides habituellement inaccessibles du Grand Palais. Cette figure centrale agit comme un élément de repère et relie les différentes zones de l’exposition, tout en dessinant un espace à la fois lisible et mouvant.Autour d’elle, des socles bas accueillent des pièces issues directement du chantier : maquettes, fragments, matériaux anciens et contemporains, objets techniques. Tous sont éclairés de manière précise, isolés dans l’espace pour permettre une lecture attentive. On circule librement entre ces îlots, dans une ambiance feutrée qui incite à la contemplation.Un mur d’archives complète le dispositif : photographies de chantier grand format, documents techniques, plans rétroéclairés, découpes de corniches ou profilés métalliques racontent, en creux, l’histoire du bâtiment et les choix de sa restauration. Ces archives, loin d’être figées, dialoguent avec les matériaux exposés et permettent de mieux comprendre les partis pris architecturaux, les méthodes de conservation, et les interventions contemporaines.Ce parcours scénographique invite à la flânerie, ménage des pauses, des angles morts, des points de rebond. Il ne cherche pas à tout dire, mais à faire ressentir. La forme rejoint le fond : en révélant le chantier sans en faire un spectacle, le projet souligne l’intelligence du geste, la précision de la transformation, la beauté discrète de l’infrastructure. Il rend visible ce qui, demain, redeviendra invisible une fois le monument rouvert. Visuels © : Cyrille Weiner Précédent Suivant