À Orvieto, dans le cœur dense de l’Ombrie, une église désacralisée du XVIe siècle retrouve souffle et verticalité sous la main de l’architecte Giuliano Andrea dell’Uva. Coro, le restaurant qu’il abrite désormais, ne cherche ni l’effacement ni l’exubérance : il se tient dans l’entre-deux, entre spiritualité intacte et quotidien réinventé. Un lieu à l’élégance retenue, sélectionné parmi les plus beaux restaurants du monde 2025 par le Prix Versailles.

Le projet s’appuie sur la structure d’origine, dont il préserve les signes : murs en tuf, marques visibles de l’autel, lumière naturelle zénithale. Plutôt que d’habiller ou de gommer, l’architecte accentue les volumes, donne à voir les strates du bâti, fait vibrer la matière minérale. À cette base silencieuse viennent répondre des œuvres contemporaines et des interventions subtiles, qui installent une tension entre le passé liturgique du lieu et son usage présent.

Ici, l’espace n’est pas seulement décoratif : il imprime une cadence. Le service et l’atmosphère s’accordent à cette lenteur imposée par l’architecture elle-même, comme une forme de rituel laïc. Il ne s’agit pas d’un théâtre du goût mais d’une expérience intégrale, qui commence dans le silence de la nef et se prolonge dans l’assiette.

Fondé par le chef Ronald Bukri et le directeur Francesco Perali, Coro assume cette singularité. Il ne cherche pas à capitaliser sur la monumentalité du lieu, mais à y inscrire une vision : celle d’un restaurant qui respecte et révèle son environnement, sans pastiche ni mise en scène. La carte, tournée vers les produits et traditions de l’Ombrie, entre en résonance avec ce cadre sobre et dense, sans jamais le surcharger.

 

Visuels © : Coro



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