Renaissance du Château de Sancerre sous la houlette de Jérôme Lescrenier Longtemps invisible derrière ses grilles closes, le Château de Sancerre entame une nouvelle existence. Perché sur un promontoire rocheux dominant les vignes, ce monument historique, propriété privée de la famille Marnier-Lapostolle depuis la fin du XIXe siècle, rouvre ses portes au public sous une autre forme : un hôtel 5 étoiles à la réhabilitation architecturale aussi précise que respectueuse.Aux manettes de cette transformation délicate, l’architecte d’intérieur Jérôme Lescrenier, connu pour son goût des proportions et son travail sur la lumière naturelle. Ici, son intervention relève davantage de l’archéologie sensible que du geste spectaculaire. Les volumes d’origine ont été restaurés dans leur verticalité et leur ampleur, libérant les perspectives intérieures tout en préservant le langage architectural du lieu. Pierres locales, bois massifs et textiles sourcés en Europe participent à cette réécriture discrète du château, qui conjugue sobriété et raffinement. L’ambiance s’y veut feutrée, traversée de tons naturels et d’éléments tactiles, à l’image des tapisseries murales ou des rideaux en lin brut.L’âme du lieu est portée par une direction artistique forte. Sous l’impulsion de Stanislas de Poucques, ancien directeur du musée d’art contemporain de Bruxelles, le château devient une galerie vivante. Œuvres textiles d’Emma Terweduwe dans les espaces communs, toiles minérales de Roan van Oort dans les chambres, sculpture monumentale dans les jardins : chaque intervention plastique entretient un lien direct avec la matérialité du lieu. L’art n’est pas un ajout décoratif, mais un prolongement naturel de l’architecture, un contrepoint sensible à la rigueur des lignes.Cette même approche immersive irrigue la vinothèque, installée dans les caves romanes du XIIe siècle, ou encore l’espace bien-être, discret mais soigné, conçu en collaboration avec la marque La Chênaie. Là encore, l’expérience s’inscrit dans une continuité entre nature et bâti, bois et pierre, intérieur et extérieur. Une logique que l’on retrouvera dans les phases suivantes du projet, avec l’aménagement d’un potager en permaculture, d’une piscine paysagée, puis d’hébergements forestiers à horizon 2026-2027.Les Hauts de Sancerre, comme l’a voulu le couple fondateur Audrey Dumont et David Chicard, ne sont pas un pastiche de château-hôtel. Ce sont les strates d’un lieu qui s’épaississent à nouveau, dans un respect minutieux du bâti comme du territoire. Visuels © : JLAI.BE Précédent Suivant