Implanté depuis 1974 au bord de la dune, dans le bois des Éloux, l’Hôtel Punta Lara a fait l’objet d’une rénovation complète conduite par l’architecte David Comy, petit-fils du maître d’ouvrage d’origine. Ce lien personnel au lieu oriente une approche précise et respectueuse, où chaque choix répond aux conditions concrètes du site : orientation, sol sableux, exposition au vent marin, lumière changeante.

Le projet conserve la structure pavillonnaire d’origine — des maisonnettes blanches alignées face à l’océan — tout en simplifiant leur lecture. Le béton décoratif a été retiré, la végétation naturelle réintroduite, et les sols retravaillés pour restaurer la continuité entre l’hôtel et le terrain dunaire. Les cheminements ont été redessinés à niveau, favorisant l’accessibilité sans ajout de volumes.

À l’intérieur, les 60 chambres ont été entièrement reprises : isolation, menuiseries, ventilation, mobilier. Le vocabulaire est volontairement limité — bois clair, enduits minéraux, textiles sobres — pour laisser la lumière organiser les espaces. Les chambres sont traversantes ou orientées plein sud, avec grandes ouvertures et vues dégagées sur la mer ou les pins. Certaines s’ouvrent sur des terrasses en creux dans la dune, d’autres disposent de balcons en avancée, intégrés dans la structure existante.

Les interventions visent toujours à prolonger l’usage sans imposer une esthétique décorative. Ainsi, les seuils ont été abaissés pour favoriser la ventilation naturelle, les salles de bain réorganisées pour dégager des lignes de fuite, et les éléments techniques intégrés dans les plafonds ou les menuiseries. Le plan de masse reste inchangé, mais les usages sont fluidifiés, notamment dans les circulations communes.

Le travail s’étend aux parties collectives. La réception, les deux bars, le restaurant L’Atlantide, les salons et les espaces de séminaires ont été traités dans un même souci d’unité. Le mobilier — en partie dessiné sur mesure — utilise des assemblages simples et des matériaux bruts : bois huilé, métal noir, tissus non traités. Le sol intérieur prolonge visuellement la terrasse extérieure, bordée de sable et ouverte sur la piscine. Aucun geste ostentatoire, mais une série d’ajustements fins pour faire cohabiter confort et lisibilité.

L’implantation du restaurant face à la mer a été conservée, mais sa structure allégée. La cuisine, confiée au chef Stéphane Gourault, suit une logique identique : circuits courts, produits marins de l’île, cuisson simple. Le projet ne cherche pas à produire un décor de bord de mer ; il s’en remet à ce qui est déjà là : le vent, la lumière, la marée.

David Comy évite la reconstruction d’une identité. Il part de l’existant, non comme image à préserver, mais comme matériau à travailler. Cette attention à la logique du lieu — topographie, usage, climat — donne au nouveau Punta Lara une cohérence rare dans l’hôtellerie balnéaire : un bâtiment réinscrit dans son sol, non pas spectaculaire mais stable, presque évident.

 

Visuels © : Hôtel Punta Lara

 



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