À Calpe, Pasqual Giner et Auñón Cabrera explorent l’essence de l’habitat Sur les hauteurs de Calpe, en Espagne, face à la Méditerranée, l’architecte Pasqual Giner et la designer María José Auñón Cabrera livrent une maison individuelle dont chaque volume, chaque surface et chaque matériau semblent pesés, mesurés, articulés avec une précision presque musicale. Une architecture sans effet mais profondément expressive, qui fait de la lumière, du vide et de la matière les véritables protagonistes de l’espace.Implantée sur une parcelle de plus de 1500 m², cette maison de 417 m² s’organise selon un jeu rigoureux de géométries pures. Les lignes sont nettes, les volumes affirmés, mais jamais monumentaux. Le projet repose sur une succession d’espaces qui s’ouvrent, se protègent, se traversent – où l’intérieur et l’extérieur s’interpénètrent sans rupture. L’architecture épouse la pente, capte la lumière naturelle et dialogue sans emphase avec le paysage côtier alentour.La matérialité donne le ton. Pierre, bois, céramique : les matières nobles et naturelles sont choisies pour leur capacité à vibrer avec la lumière, à dialoguer avec l’air, à se patiner avec le temps. Les textures alternent entre rugosité et douceur, matité et reflets, instaurant un équilibre sensoriel subtil. Les cloisons deviennent toiles pour les ombres, les sols résonnent des pas, les parois réfléchissent la lumière comme un langage silencieux.À l’intérieur, chaque élément semble issu d’un même souffle. Le mobilier, qu’il soit dessiné sur mesure ou issu de grandes maisons d’édition, épouse la logique de l’ensemble : des formes simples, des teintes sobres, une grande attention au détail. Les pièces communes – salon, salle à manger, bibliothèque – sont articulées autour de perspectives fluides. Les chambres jouent sur des atmosphères plus enveloppantes, toujours dans une palette réduite et maîtrisée. Une table de travail, des bibliothèques intégrées, quelques œuvres picturales ou céramiques, prolongent ce dialogue entre usage et contemplation.La maison cultive une esthétique méditerranéenne contemporaine, non dans les signes attendus, mais dans l’attention au rythme, au climat, à la temporalité. Ici, l’architecture ne cherche pas à impressionner, mais à habiter : lentement, pleinement, avec justesse. À la frontière de l’architecture et de l’intime, le projet explore l’idée d’une forme d’habitat essentielle et émotionnelle. Visuels © : Eugeni Pons Précédent Suivant