Marie Tomasini et Léa Ueshima collaborent pour donner vie à Basgi Basgi À cinq minutes de Saint-Florent, entre mer et maquis, Basgi Basgi – prononcez Baji Baji – s’impose comme une adresse singulière dans le paysage hôtelier corse. Conçu dans une ancienne cave viticole emblématique du Nebbiu, ce boutique-hôtel de 28 chambres conjugue ancrage territorial, esthétique solaire et hospitalité contemporaine. L’architecture, confiée à Marie Tomasini, native de la région, s’attache à préserver l’identité patrimoniale du lieu tout en l’ouvrant à une nouvelle lecture. Les murs en pierre calcaire d’origine ont été conservés et mis en valeur, tandis que les volumes intérieurs ont été retravaillés dans un esprit de fluidité, autour de larges ouvertures tournées vers le jardin et la piscine.À l’intérieur, Léa Ueshima signe une atmosphère inspirée d’une maison de vacances, à la croisée de la Méditerranée et des Caraïbes. Matériaux naturels, palette terreuse, motifs vibrants : chaque espace respire la lumière insulaire. Bois, jonc de mer, raphia, tadelakt et céramique composent une grammaire texturée et sensuelle. Les chambres se déclinent en trois catégories, dont une suite familiale et un duplex, toutes pensées comme des cocons ouverts sur la nature. Le mobilier et les objets décoratifs, sourcés dans le bassin méditerranéen et en Europe, prolongent cette attention au détail, dans un esprit à la fois élégant et décontracté.L’identité visuelle de l’hôtel, imaginée par Yohan Pedre (Knoho Studio), dialogue avec les partis pris architecturaux. On retrouve dans les éléments graphiques du bar, de la piscine et des espaces communs des références au design Memphis et à l’abstraction organique, qui insufflent au lieu un ton audacieux, sans jamais le figer. Ici, l’esthétique ne se donne pas en spectacle : elle accompagne un mode de vie où la convivialité prime, à l’image de l’accueil pensé par Coline et Matthieu Marchini, les propriétaires, comme celui que l’on réserverait à des amis en vacances.La table du restaurant est à l’image du lieu : ancrée, généreuse et sans artifices. Antonin Bergoin-Graziani, directeur du restaurant, a construit un solide réseau d’artisans locaux – pêcheurs, éleveurs, maraîchers, boulangers – pour composer une carte où chaque produit raconte son territoire. En cuisine, Anthony Deront, formé dans de grandes maisons françaises, interprète ce terroir avec finesse. Aux desserts, Alban Gentilhomme puise dans la nature corse pour créer des douceurs à base de brocciu, farine de châtaigne ou rhubarbe. La cave, riche de 150 références bio et naturelles, met en valeur les vignerons de Patrimonio et d’ailleurs, et s’accompagne de rencontres œnologiques tout au long de la saison.L’écoresponsabilité n’est pas ici une promesse abstraite mais une réalité intégrée à chaque niveau du projet. Basgi Basgi a été rénové avec des matériaux durables, les espaces paysagers n’utilisent ni pesticides ni arrosage excessif, et les équipements sont pensés pour limiter l’impact : produits d’accueil en vrac, frigos partagés, boissons filtrées, tri sélectif, petit-déjeuner locavore. Même le mobilier a été en partie conçu à partir de ressources réemployées issues de la cave d’origine.Visuels © : attitudestudio.fr, Basgi Basgi Précédent Suivant