Corpus Studio restructure une maison de ville en triplex dans les Hauts-de-Seine Corpus Studio signe la transformation complète d’une maison de ville de 75 m², située dans les Hauts-de-Seine, à quelques pas de la gare. Répartie sur trois niveaux avec un jardin à l’arrière, cette bâtisse en brique évoque l’architecture victorienne des quartiers londoniens.Le projet repose sur la réunification des trois niveaux, autrefois divisés en appartements indépendants. L’intervention majeure consiste à ouvrir les planchers pour créer un vide central, occupé par un escalier en aluminium sur mesure. Son tracé suit les lignes du bâtiment et introduit une série d’obliques qui structurent visuellement l’espace. Le garde-corps, conçu dans une esthétique industrielle, associe des plans superposés et des fixations visibles, comme un mécanisme prêt à se mettre en mouvement.Ce vide vertical devient également un puits de lumière. Corpus Studio a ouvert la façade sur rue pour y intégrer une baie vitrée de 3 mètres de large sur 5 mètres de haut, façon atelier. Elle est équipée d’un système de brise-soleil dont les lames mobiles permettent de moduler la lumière et de préserver l’intimité.Chaque niveau accueille une fonction distincte. La chambre et sa salle de bain attenante occupent le dernier étage, le salon se situe au premier, et la cuisine s’ouvre sur le jardin au rez-de-chaussée. L’escalier monumental traverse l’ensemble comme une colonne vertébrale, visible depuis chaque pièce.L’intérieur est un travail sur les matières. Les murs ont été enduits de marmorino, une poudre de marbre aux reflets moirés, qui crée un fil conducteur visuel à travers les différents étages. Ce fini contraste avec les pavés en bois debout, blanchis et mats, et avec l’aluminium brut de l’escalier.Dans la chambre, un large rideau Terracotta permet de moduler l’ambiance, apportant douceur et intimité. Le mur en tête de lit conserve les briques d’origine, unifiées par une peinture à la chaux dans des tons doux. La salle de bain, accessible par une porte dissimulée, s’inscrit dans une esthétique sombre et introspective. Les murs, le plafond et la douche sont recouverts d’un tadelakt taloché aux teintes sourdes, contrastant avec l’inox brossé des éléments sanitaires.En cuisine, Corpus Studio poursuit l’approche monomatière avec un ensemble en chêne scié et brossé : plan de travail et façades sont unifiés, les poignées rappellent le motif du garde-corps. Des panneaux de miroir agrandissent visuellement l’espace et reflètent le jardin.Le choix du mobilier privilégie la clarté et les contrastes. Peu de pièces, mais une sélection précise mêlant époques et styles. Un canapé en velours d’Ennio Chiggio dialogue avec un fauteuil brésilien aux lignes brutales. Une table en fibre de verre jaune des années 60 cohabite avec des chaises artisanales en bois gougé des Marolles. L’ensemble forme une composition éclectique, sans excès, où chaque élément trouve sa place. Visuels © : Christophe Coënon Précédent Suivant