ARCHIK : L’Écrin, une exposition où la matière devient sensation Pour la rentrée 2026, ARCHIK consacre sa Maison parisienne aux sculptures lumineuses de Marie Jeunet avec L’Écrin, une exposition présentée du 16 janvier au 31 mars. Le projet réunit verre, laiton et pierre dans une mise en scène où chaque matériau se lit autant par le regard que par le toucher. Cette approche sensorielle s’appuie sur une collaboration étroite avec Casamance pour le textile et Relax Factory pour la confection du décor, donnant naissance à une scénographie qui fait du tactile un véritable langage.Au cœur de cette mise en scène, le taffetas Mennagio mordoré choisi chez Casamance devient la matière fondatrice. Son tombé cassant, sa brillance maîtrisée et sa capacité à se plisser avec précision permettent à Relax Factory de composer un décor-sculpture. Le textile, drapé et structuré comme une coquille précieuse, enveloppe l’espace et module la lumière. Ces plis tendus ou relâchés créent des zones d’ombre et d’éclat qui guident naturellement le regard vers les œuvres. Le tissu ne sert plus d’arrière-plan : il devient matière expressive, presque palpable, et conditionne la perception de l’exposition.Les pièces présentées prolongent cette exploration sensible. Le miroir en laiton patiné conçu avec l’atelier Yszé révèle un grain irrégulier obtenu grâce à des patines végétales dont les pigments laissent une texture douce, presque veloutée. Les lampes en travertin façonnées par Choham jouent sur un contraste inattendu : la pierre, issue de chutes réemployées, est travaillée jusqu’à dévoiler une transparence fine. Certaines zones laissent filtrer la lumière, créant une impression de peau minérale traversée de l’intérieur.Les bougeoirs en verre réalisés par Matthieu Gicquel s’inspirent des géodes imaginées par Marie Jeunet. Leur surface épaisse, presque cristalline, résulte d’un travail sur la matière fondue pour obtenir une texture irrégulière qui accroche la lumière et donne l’illusion d’un fragment rocheux. Le centre de table en pétales de verre conçu par Claire Pegis prolonge ce registre tactile : chaque pétale, légèrement bombé, évoque une corolle figée dans le verre, faisant écho au lustre Bloom, signature de l’artiste.L’ensemble met en lumière ce qui caractérise la démarche de Marie Jeunet : un travail sur les matériaux bruts hérité des arts décoratifs et de l’univers de la joaillerie. Ses sculptures lumineuses sont pensées comme des bijoux d’intérieur dont la véritable expression naît de la matière elle-même, de ses reliefs, de ses transparences et de ses réactions à la lumière. Son esthétique minimaliste s’articule autour de gestes précis qui révèlent la sensibilité des surfaces plutôt que de les masquer. Visuels © : Esther Baronwall Précédent Suivant