"Un monde nouveau" : l’Institut suédois explore les révolutions du 18ᵉ siècle À partir du 17 mai 2025, l’Institut suédois à Paris renouvelle son exposition permanente autour d’un accrochage thématique inédit, "Un monde nouveau. Révolutions artistiques et sociétales au 18ᵉ siècle". Construit autour de pièces majeures issues de sa collection, cet accrochage met en lumière les courants de pensée, les aspirations et les bouleversements du Siècle des Lumières, période emblématique de l’histoire artistique franco-suédoise.Fondé dans les années 1960 à l’initiative de l’historien Gunnar W. Lundberg, l’Institut rassemble un fonds de plus de 700 peintures, 1400 dessins et 4000 œuvres graphiques. Parmi elles, des signatures marquantes : Alexander Roslin, Louis-Jean Desprez ou Gustaf Lundberg, tous témoins d’une époque en pleine mutation.Le nouvel accrochage s’organise en quatre sections : la figure de l’artiste, l’idée de l’avenir, la redécouverte du passé antique et la représentation du Nord. Chaque thématique explore une facette du 18ᵉ siècle : affirmation d’une nouvelle image de l’artiste au travers de l’autoportrait, fascination pour les éruptions volcaniques et les exploits techniques, redécouverte de l’Antiquité classique, et regard ambivalent porté sur la Laponie. Ce dialogue entre passé et présent résonne fortement avec les questionnements contemporains.Pour accompagner ce renouveau, l’Institut suédois consacre également une exposition monographique à Louis-Jean Desprez (1743–1804), figure méconnue mais essentielle des échanges artistiques entre France et Suède. Titrée "Entre-mondes", cette exposition, réalisée en partenariat avec le Nationalmuseum de Stockholm, met en lumière son parcours singulier : architecte, peintre et décorateur de théâtre, Desprez révolutionne la scénographie européenne au service du roi Gustave III. Ses œuvres, marquées par une fascination pour les ruines, les paysages fantastiques et le sublime, traduisent une lecture sensible et inquiétante de son époque.Né à Auxerre, formé à Paris et à Rome, Desprez est recruté en 1784 par Gustave III pour concevoir décors et projets architecturaux en Suède. Sa carrière, brillante mais fragile, s’éteint brutalement après la mort du roi en 1792. Son univers visuel, entre grandeur antique et inquiétude moderne, trouve un écho particulier dans les thématiques du nouvel accrochage.La refonte de l’exposition permanente et cette mise en avant de Louis-Jean Desprez soulignent la volonté de l’Institut suédois de revisiter son patrimoine avec une lecture historique précise et actuelle. Sous la direction scientifique d’Otto Ruin et du comité du Nationalmuseum, ce projet donne une nouvelle impulsion au site parisien, fidèle à sa mission d’échanges culturels franco-suédois. Visuels © : Louis-Jean Desprez, Alexander Roslin, Jean Daullé, Jean Eric Rehn Précédent Suivant