Finaliste de la consultation internationale Quartiers de demain, le projet porté par l’agence Ylé pour le quartier des Templiers à Coulommiers éclaire une manière de concevoir où la transformation urbaine, la pédagogie et la construction biosourcée se répondent. Consacré à la rénovation et à l’extension du pôle éducatif existant — une école maternelle, une école primaire et une crèche —, le projet s’inscrit au cœur d’un quartier enclavé qu’il cherche à reconnecter par l’espace public. Autour d’une nouvelle place, il articule rénovation, restructuration et création de liens avec les parcs et équipements alentours, dans une démarche résumée par trois verbes : conserver, améliorer, préserver.

À l’échelle du quartier, les architectes imaginent des « rues-jardins » conçues comme des corridors verts. Elles redéfinissent la rue comme espace public actif, prolongement des usages scolaires et support de biodiversité. Cette trame végétale s’articule avec un geste plus intérieur : la création d’une venelle qui scinde l’école des éléments et relie ses deux pôles, maternelle et primaire. Cette venelle, colonne vertébrale plantée, désenclave les accès, tient les entrées à distance des voiries et introduit des perméabilités nouvelles dans un tissu urbain parfois fragmenté. À l’échelle des usages, les équipements partagés (cantine, salle polyvalente, halle préau) sont conçus pour fonctionner au-delà du temps scolaire, connectés au réseau d’espaces publics structuré par le projet.

La construction explore les ressources du territoire et les techniques biosourcées. Le bâtiment, inscrit dans un ensemble patrimonial caractéristique d’anciennes casernes militaires, associe structure bois, bauge non porteuse composée de paille et de terre crue, ventilation naturelle par cheminées solaires et approche environnementale fondée sur le biomimétisme. Cette logique de matière et de climat intérieur reflète les fondements de Ylé : réactiver des savoirs anciens (terre crue, chanvre, paille, pierre, bois) et adapter leur usage dans le cadre réglementaire actuel. L’agence considère ces ressources comme des matières premières ancrées dans des filières locales, disponibles à condition d’être identifiées dès les premières phases du projet. Dans l’école des éléments, cet engagement se traduit par l’usage de matériaux biosourcés niveau 3 et par un travail continu sur la ventilation, l’inertie et la géométrie protectrice des volumes, anticipant des températures plus élevées à l’avenir.

Ce projet s’inscrit aussi dans le prolongement d’une réflexion plus large menée par Ylé sur la relation entre architecture, air, végétal et vivant. L’agence, fondée en 2018 par Lucille Leyer et Romain Brochard après un parcours commun à l’École d’architecture de Nantes, réunit aujourd’hui une vingtaine de collaborateurs aux compétences variées. Elle développe une expertise sur les équipements scolaires, culturels et sportifs, tout en revendiquant un engagement fort pour le logement et pour des dispositifs spatiaux favorisant le confort d’usage, les ressources locales et les modes constructifs passifs. Entre Nantes, Paris et les territoires qu’elle accompagne, Ylé affirme une conviction : repenser les manières de construire et d’habiter pour répondre aux réalités climatiques, matérielles et sociales à venir.

 

Visuels © : Ylé



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