Moon Safari imagine une Maison d’Accueil Spécialisée ancrée dans le territoire À Servières-le-Château, l’agence Moon Safari réinterprète la Maison d’Accueil Spécialisée comme un lieu profondément inscrit dans le paysage corrézien. Commandité par l’EPDA de la Corrèze, le projet accueille une centaine de résident·es présentant des polyhandicaps, des troubles du spectre autistique ou une forte perte d’autonomie. Ici, le fil conducteur de l’opération tient à une idée simple : construire à partir du territoire, avec ses matières, ses textures et ses savoir-faire.La composition générale s’inspire d’un village : huit unités autonomes, chacune identifiable par une matérialité spécifique, se regroupent autour d’une place centrale qui distribue les espaces de vie, le pôle médico-social et l’administration. Cette organisation vise certes la fluidité des déplacements et la lisibilité du programme, mais elle ancre surtout l’ensemble dans une culture constructive locale. L’enduit à la chaux sable, les parements de pierre corrézienne, le bois naturel issu de filières régionales et le métal pour les espaces administratifs structurent une véritable cartographie matérielle du site.Chaque bâtiment devient ainsi une “résidence” reconnaissable, non par un geste spectaculaire, mais par un usage précis de la ressource locale. Le bois (certifié FSC) marque les lieux de vie et les circulations ; la pierre souligne la vocation soignante du pôle médico-social ; le béton, limité au socle technique, reste cantonné aux fonctions logistiques. Un travail de différenciation qui ne relève pas de l’esthétisme, mais d’une volonté de proposer une architecture domestique, familière, qui dialogue avec le bâti de la région.Au-delà du choix des matériaux, l’implantation compacte sur trois niveaux limite l’emprise au sol et préserve le paysage de la vallée de la Dordogne, entre forêts et prairies agricoles. L’orientation optimise les apports lumineux, permettant dès lors de réduire les besoins en éclairage artificiel d’environ 30 %, tandis que la ventilation naturelle diminue le recours à la climatisation. Là encore, la logique environnementale s’articule à une logique territoriale : tirer parti du climat, de la topographie, de la lumière.Les jardins thérapeutiques et les parcours sensoriels prolongent cette relation intime avec le site. Conçus comme des respirations accessibles, ils participent à la qualité de vie des résident·es, mais aussi à la continuité entre architecture, sol et végétal. L’idée n’est pas de créer un « équipement » isolé, mais un lieu qui pourrait naturellement appartenir au paysage corrézien. L’usage de ressources locales (bois régional, pierre issue de circuits courts) permet de réduire les émissions de CO₂ de 20 à 30 % par rapport à des matériaux standards non locaux. Visuels © : Lotoarchilab Précédent Suivant