Un peu partout sur le territoire, le béton bas carbone s’impose comme un outil structurant de la transition constructive. Pouvant prendre plusieurs formes, selon les projets, il révèle une pluralité d’usages, adaptés à des programmes, des territoires et des ambitions environnementales distinctes. Un matériau qui peut alors se décliner en socle structurel, en support bioclimatique ou en levier de réhabilitation durable.

À Saint-Ouen, DREAM combine béton bas carbone et urbanité verticale

Inauguré en février 2024, le célèbre Village des Athlètes, conçu par l’architecte Dominique Perrault à l’occasion des JO, (promoteur DREAM) a dévoilé un îlot mixte où le béton bas carbone a participé à la performance environnementale globale. Sur un ensemble marqué par une structure bois de 36 mètres de haut, l’usage d’un béton bas carbone a ici principalement concerné les infrastructures et les niveaux inférieurs, assurant stabilité et réduction des émissions. Un emploi ciblé pour accompagner une ambition urbaine forte : un quartier intensif, doté d’un équipement sportif de 1 000 m² en toiture, d’un Food Court et d’espaces publics traversants. Un béton bas carbone agissant comme un socle résilient capable d’absorber la complexité programmatique et les efforts liés à la superstructure bois. 

Visuels © : Cyrille WEINER

À Avignon, Ateliers A+ associe béton bas carbone et architecture bioclimatique

Plus récemment, pour le siège de Food’in Provence-Alpes-Côte d’Azur, sorti de terre en février 2025,  Ateliers A+ a conçu un véritable manifeste bioclimatique associant plusieurs filières : béton bas carbone au rez-de-chaussée, ossature bois aux niveaux supérieurs et brique de terre crue pour un atrium central de 12 mètres de haut. Ici, le béton bas carbone a été mobilisé comme base thermique et structurelle. Situé en pied de bâtiment, il contribue à stabiliser l’ouvrage et profite de son inertie naturelle pour réguler les ambiances, en cohérence avec les orientations est-ouest et les stratégies de ventilation. Un choix du matériau s’inscrivant dans une démarche certifiée (label Bâtiment Durable Méditerranée niveau Or et performance E4C2) confirmant qu’il peut participer à une architecture à la fois frugale, expressive et profondément ancrée dans un territoire marqué par la culture agricole.

Visuels © : Adrien Guitard

À Paris XIII, Philéas Architecture utilise le béton bas carbone comme outil de réhabilitation responsable

De son côté, la transformation de l’îlot Télécom Paristech (mars 2024), pilotée par la RIVP et conçue par Philéas Architecture, illustre la capacité du béton bas carbone à intervenir dans des patrimoines existants tout en limitant l’impact carbone d’une opération majeure : plus de 30 927 m² restructurés. Le matériau permet ici une réduction mesurée et vérifiée des émissions : –15,6 % par rapport à un béton standard. Une baisse ayant participé à l’obtention de la certification NF Habitat HQE et accompagnant une stratégie globale de confort urbain : toitures végétalisées comptant plus de 10 000 vivaces, dispositifs de gestion alternative des eaux pluviales, renaturation des sols et espaces dessinés pour apporter fraîcheur et biodiversité. Ou quand le béton bas carbone joue un rôle de continuité structurelle, suffisamment souple pour s’adapter à des bâtiments d’époques différentes tout en garantissant une cohérence constructive.

Visuels © : Antoine Mercusot

À Franconville, Moon Safari articule béton bas carbone et pédagogie environnementale

Pour la future école Montédour, attendue en 2028, l’agence Moon Safari imagine un bâtiment qui associe socle en béton bas carbone et structure bois à l’étage. Cette répartition incarne une démarche constructive hybride désormais courante dans les équipements publics soumis à la RE2020. Le béton bas carbone assure ici des fonctions de stabilité, d’inertie et de durabilité au niveau du sol, particulièrement importantes dans un établissement recevant des enfants. Le bois et les matériaux biosourcés prennent ensuite le relais pour les étages, dans une logique de réduction du carbone incorporé et de mise en cohérence avec les usages pédagogiques. Le projet se distingue aussi par le réemploi local : des arbres abattus sur site deviennent mobilier et jeux.

Visuels © : BOCO Studio

 

 



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