À Münsterlingen, en Suisse, la nouvelle Haus T de la Clinique psychiatrique de Münsterlingen propose une lecture renouvelée de l’architecture de soin, où l’espace, la matérialité et la lumière participent directement au cadre thérapeutique. Conçu par le bureau Scheitlin Syfrig Architekten AG à Lucerne, ce bâtiment en bois marque la première extension construite depuis quarante ans sur le site hospitalier. Il s’insère entre l’ancienne conception et la maison communale, tout en affirmant une écriture architecturale distincte, pensée pour répondre aux enjeux contemporains de la psychiatrie.

La Haus T se déploie sur trois niveaux et accueille environ soixante patientes et patients. Le projet repose sur une organisation spatiale lisible : les espaces s’articulent autour d’un noyau central, selon un principe évoquant une roue de moulin. Cette structure favorise l’orientation, élément déterminant dans le quotidien thérapeutique, et contribue à instaurer un sentiment de sécurité. Chaque service est divisé en unités de taille réduite, renforçant la proximité et limitant l’anonymat souvent associé aux établissements hospitaliers.

La construction en bois constitue l’un des fondements du projet. Largement visible, la structure porteuse définit l’atmosphère intérieure et influe sur le climat des espaces. Matériau respirant, le bois participe à la régulation de l’air, à l’acoustique et à la perception sensorielle des lieux. Les architectes revendiquent ce choix comme une manière de se démarquer volontairement de l’esthétique hospitalière conventionnelle, au profit d’un environnement plus chaleureux, sans rompre avec les exigences fonctionnelles d’un bâtiment de santé.

Le travail sur les sols s’inscrit dans cette continuité matérielle. Le parquet Formpark Quadrato en chêne naturel, développé par Bauwerk Parkett, couvre environ 1 200 m², aussi bien dans les chambres individuelles et doubles que dans les salles de thérapie et les espaces communs. Son motif cubique et sa classification calme apportent une structure visuelle mesurée, tandis que le grain du bois reste volontairement discret. Le format spécifique du parquet permet des compositions qui s’éloignent des tracés classiques, introduisant une dynamique douce qui anime les espaces sans générer de tension visuelle.

Les grandes baies vitrées, présentes dans l’ensemble du bâtiment, prolongent cette recherche d’équilibre. Elles laissent pénétrer la lumière naturelle en profondeur et ouvrent des vues sur le lac de Constance et le paysage environnant. L’architecture établit ainsi un lien constant entre intérieur et nature, intégrant le cadre bâti au processus thérapeutique sans qu’il ne s’impose comme un dispositif démonstratif.

 

Visuels © : Fabian Luterbach



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