Atelier du Pont reconstruit et étend l’Académie Fratellini à Saint-Denis À la Plaine Saint-Denis, l’Académie Fratellini, fondée par Annie Fratellini et Pierre Étaix en 1974, a rouvert ses portes après une ambitieuse opération de restructuration et d’extension confiée à Atelier du Pont. Implantée depuis 2003 dans un ensemble conçu par Patrick Bouchain et Loïc Julienne, cette école supérieure de cirque, lieu de création et de diffusion artistique, a vu son architecture réinventée dans le respect de son identité originelle.L’agence dirigée par Anne-Cécile Comar et Philippe Croisier a mené une transformation complète d’un site initialement conçu comme éphémère. Les bâtiments ont été pérennisés, agrandis et mieux connectés pour répondre à l’évolution des usages, simplifier la circulation interne et favoriser les activités simultanées. L’objectif : offrir un cadre fonctionnel aux artistes, élèves et équipes administratives, tout en renforçant le dialogue du lieu avec son environnement urbain.La Halle centrale a été dotée de deux ailes latérales, devenant la Grande Halle, cœur du nouveau dispositif architectural. L’espace accueille désormais les salles d’enseignement, les bureaux de l’administration et un grand volume libre, conçu pour l’accueil, la pratique du cirque et l’organisation d’événements. Sa structure a été renforcée pour permettre l’accrochage des agrès, prolongeant la vocation du lieu comme espace d’expérimentation.En complément, un studio de création et de représentation de 17 mètres de haut, baptisé Studio Zéro, a été édifié. Sa configuration frontale, pensée pour le cirque contemporain, répond aux exigences techniques des nouvelles formes de spectacle. Entre les bâtiments, une place publique ouverte à la ville vient relier les différents volumes et instaurer un espace de respiration et de convivialité. Ce nouvel aménagement illustre la volonté d’Atelier du Pont de faire de l’Académie un lieu ancré dans son quartier et tourné vers l’extérieur.La démarche environnementale a constitué un axe central du projet, labellisé Bâtiment Durable Francilien niveau Argent. Les matériaux privilégiés sont biosourcés et issus de circuits locaux, limitant l’impact carbone de la construction. Une stratégie de réemploi d’une ampleur rare a été mise en place grâce à l’installation d’un magasin de réemploi dans le Grand Chapiteau durant le chantier. Cette initiative prolonge la philosophie de « faire avec l’existant » déjà défendue par les concepteurs d’origine.Les résultats traduisent cette ambition : 70 % en valeur des matériaux utilisés sont issus du réemploi, biosourcés ou géosourcés, et 90 % en masse des matériaux de déconstruction ont été réemployés, réutilisés ou recyclés, sur site ou ailleurs. Visuels © : Camille Gharbi Précédent Suivant