Immobilière 3F et l’ENSA Versailles interrogent la reconversion d’un immeuble tertiaire à Pantin face au défi climatique En 2050, 80 % des logements seront ceux que nous habitons déjà. Cette donnée impose de repenser le parc existant pour l’adapter à des conditions climatiques radicalement différentes. Immobilière 3F explore cette problématique à travers un concours d’idées baptisé « Conforts 2050, réadapter l’habitat aux climats », conçu avec l’École nationale supérieure d’architecture de Versailles et son mastère spécialisé TEC XX. Objectif : interroger la notion de confort, non plus seulement par le prisme de la performance thermique, mais en envisageant un cadre de vie adapté aux besoins des habitants dans un contexte de réchauffement global.Quatre sites représentatifs de typologies et d’époques variées ont été retenus comme terrains d’expérimentation : la Cité Salonique à Gardanne, Le Parc au Houlme, Les Étoiles à Givors et l’immeuble Delizy à Pantin. Chacun illustre une vision historique du confort et constitue aujourd’hui un laboratoire pour imaginer les formes d’habitat de demain. Les jeunes agences sélectionnées bénéficieront d’un prix de 5 000 euros et pourront développer leurs propositions au sein de 3F, avec la perspective d’une mise en œuvre concrète.À Pantin, le site choisi se situe au 27 rue de Delizy, au cœur d’un ensemble moderniste construit au début des années 1980. Trois volumes de bureaux composaient l’opération initiale ; deux ont déjà été transformés en logements par 3F en 2020, tandis que le troisième, encore occupé, concentre aujourd’hui les interrogations liées à la mutation du tertiaire. Avec ses 2 660 m² de planchers, son organisation poteau-poutre et ses façades largement vitrées, il condense à la fois des atouts techniques et des limites fortes pour une reconversion en habitat.La profondeur de ses plateaux, supérieure à vingt mètres, engendre un cœur de plan sombre difficile à valoriser. L’enveloppe vitrée, peu performante thermiquement, pose la question du confort estival dans un contexte de canicules répétées. Pourtant, sa hauteur sous plafond généreuse, l’absence de murs porteurs et l’espace disponible entre le bâtiment et les limites de parcelle ouvrent des pistes d’exploration architecturales. Le concours invite ainsi à dépasser la simple reconversion technique pour proposer une approche bioclimatique inventive, intégrant ventilation naturelle, densités repensées, nouveaux usages et rapports renouvelés à l’extérieur.Pour Luca De Franceschi, directeur de l’architecture et du développement durable d’Immobilière 3F, ce bâtiment incarne un tournant : « La transformation du parc tertiaire s’est accélérée plus vite que prévu, sous l’effet conjugué de la crise sanitaire et de la crise climatique. À Pantin, deux bâtiments ont déjà été réhabilités et fonctionnent bien aujourd’hui. Le troisième nous permet d’aller plus loin. La programmation ne peut plus être pensée comme il y a cinq ans. Pour un bailleur social, le long terme est synonyme de pérennité technique, mais il doit désormais intégrer des variables extérieures mouvantes comme les vagues de chaleur ou de pollution. » Visuels © : Elisa Bapst Précédent Suivant