Au Lavandou, l’Hôtel Les Roches renaît sous la plume de PietriArchitectes. Entièrement reconstruit, l’établissement se fond dans la pente, la roche et la mer, au point de donner l’impression d’avoir toujours été là. La complexité technique s’efface derrière l’évidence du lieu.

Érigé dans les années 1930, l’hôtel s’inscrivait dans l’essor de la villégiature méditerranéenne. Agrandi dans les années 1950 puis 1980, il avait peu à peu perdu son unité. Délaissé, il fut acquis en 2009 par un groupe hôtelier familial convaincu de son potentiel. Le projet ne visait pas à effacer son histoire mais à en offrir une relecture contemporaine, conciliant mémoire, exigence hôtelière et ambition architecturale.

Implanté dans une baie des calanques de Peire Gouerbe, le site recelait un élément fondateur : une structure voûtée en pierre, presque troglodyte, descendant jusqu’à la mer. Ce socle minéral a inspiré la conception. L’agence a choisi de reconstruire autour de deux mondes superposés : un socle protecteur, massif, et des volumes supérieurs fragmentés et lumineux.

Le socle, creusé dans la pente et revêtu de pierre de Bormes, accueille les chambres les plus proches de l’eau. Voûtées et ouvertes sur l’horizon, elles évoquent des cabines de bateau autant que des grottes archaïques. Ce niveau assure aussi la stabilité face aux éléments et soutient une plateforme horizontale regroupant accueil, restaurant, piscine et espaces communs.

Au-dessus, l’hôtel se décompose en quatre volumes distincts, séparés par des failles végétalisées. Ces interstices laissent circuler la lumière et la végétation méditerranéenne, qui filtre les vues et relie architecture et paysage. Les toitures et terrasses plantées prolongent cette continuité, effaçant les limites entre bâti et site.

L’écriture du niveau supérieur privilégie la légèreté. Des casquettes solaires et balcons en béton fibré à ultra-hautes performances, perforés de motifs arrondis, tamisent la lumière et projettent des jeux d’ombre sur les façades. Élément technique autant qu’ornemental, ce béton sculpté traduit une approche contemporaine du rapport au soleil et à l’intimité.

Cette apparente simplicité repose sur une grande précision constructive. Le terrain fortement dénivelé, contraint par la topographie et l’exposition à la mer, a exigé une conception en éléments autonomes imbriqués dans la pente. Chaque volume a été ajusté avec soin, dans une logique d’assemblage qui évite toute artificialité.

La pierre de Bormes, extraite localement, constitue l’assise du projet. Brut mais travaillé avec rigueur, ce matériau ancre l’hôtel dans la géologie du site et affirme son lien au temps. En contraste, le béton fibré à ultra-hautes performances allège les façades et crée une vibration lumineuse. Entre minéralité massive et légèreté technique, le dialogue structurel et esthétique se déploie sur l’ensemble du projet.

 

Visuels © : Nicolas Anetson



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