Atelier King Kong érige un espace culturel à Nay dans les Pyrénées-Atlantiques À l’extrémité ouest de la place du Marcadieu, dans la bastide béarnaise de Nay, l’atelier d’architecture King Kong livre un nouvel espace culturel fédérateur. Ce projet hybride, réunissant une médiathèque, deux salles de cinéma et une micro-folie, s’inscrit dans la topographie marquée du site et répond à un double contexte : l’ouverture vers le paysage pyrénéen d’un côté, la continuité urbaine de l’autre.Le bâtiment prend place sur l’ancienne gendarmerie de Nay, à la jonction entre le centre-ville minéral et le plateau végétal des Marnières. Il se compose d’un socle transparent, fendu par une brèche orientée vers le coteau, surmonté d’un volume haut qui signale l’équipement depuis les deux grandes places de la ville. Tandis que la médiathèque s’insère au sud, dans la pente et en continuité avec le tissu résidentiel, les salles de cinéma s’élèvent au nord, visibles depuis la rue du Maréchal-Joffre et les arcades de la place de la République. Une micro-folie, dispositif culturel initié par La Villette, complète le programme en proposant un musée numérique connecté aux grandes institutions nationales.L’implantation tire parti de la déclivité du terrain pour organiser les fonctions selon un principe de stratification. Le socle, en rez-de-place, abrite l’accueil, la billetterie, un café, un espace de coworking, ainsi qu’un grand emmarchement qui relie visuellement et physiquement la ville au grand paysage. Cette transparence programmatique est renforcée par une signalétique intégrée et un mobilier fluide, facilitant les parcours et la lecture des espaces.La médiathèque se distingue par ses façades largement vitrées à l’est et au sud, ouvertes sur la ville et protégées des apports solaires par une maille métallique végétalisée et des débords de toiture. L’éclairement naturel est complété par un patio central. Les pôles de consultation s’organisent dans un volume libre et flexible, ponctué de sous-espaces modulables grâce à des rideaux acoustiques.Au-dessus, les deux salles de cinéma — libérées des contraintes de gabarit — forment un volume affirmé, visible depuis les places principales et conçu comme un signal urbain. La toiture de la médiathèque, végétalisée, joue un rôle écologique et thermique, participant à la biodiversité tout en améliorant la gestion des eaux pluviales. Les autres toitures, ainsi que les façades, sont habillées d’ardoises, en écho aux matériaux traditionnels du Béarn.Le projet dialogue avec son environnement par son épannelage : les jeux de toitures s’inspirent des silhouettes complexes des bâtiments historiques voisins — église Saint-Vincent, marché-mairie, maison Sainte-Thérèse — tout en les réinterprétant avec un langage contemporain. L’ensemble s’inscrit dans le réaménagement plus large de la place du Marcadieu, à laquelle il répond par un traitement minéral du parvis, au même niveau altimétrique, intégrant des usages extérieurs essentiels (livraison, arrêt-minute, terrasse, abris vélos). Visuels © : Atelier d’architecture King Kong, Arthur Péquin Précédent Suivant