CORREA+FATEHI | ODD : une maison monolithe dans les Andes À Puembo, en périphérie de Quito, en Equateur, A House in the Andes propose une manière de vivre où architecture, matière et paysage forment un tout indissociable. Signée CORREA+FATEHI | ODD, cette résidence privée semble émerger du sol. Elle est construite à partir de la terre qu’elle a elle-même déplacée, et s’implante dans un terrain modelé qui prolonge les reliefs naturels de la région.L’approche du site ne se fait pas frontalement mais par une séquence orchestrée à travers des monticules de végétation native. Le chemin, creusé dans la masse, évoque les Chaquiñán, ces anciens sentiers andins utilisés pour naviguer les reliefs escarpés. Cette entrée processionnelle, ponctuée par l’apparition des murs en terre compactée, guide le visiteur jusqu’à un seuil en contrebas, amorçant une traversée immersive.La maison s’élève comme un monolithe vertical, compact et discret dans le paysage. Son organisation spatiale se déploie sur trois niveaux, traversés par une plateforme mobile. Ce dispositif central, plus qu’un simple moyen de déplacement, structure l’ensemble du projet. Il permet une adaptabilité des espaces selon les usages ou les moments de la journée. Au deuxième niveau, l’architecture s’ouvre sur un plateau mêlant bassin intérieur et jardin extérieur, séparés uniquement par une paroi vitrée escamotable. La continuité visuelle et sensorielle entre l’intérieur et le paysage devient alors totale.La matérialité du projet s’inscrit dans une logique de réutilisation directe de la terre excavée : les murs sont en pisé, et les modules en adobe ont été conçus sur mesure. Ce choix confère à l’enveloppe une respiration naturelle et une modulation thermique. La lumière filtrée par la façade creuse des ombres mouvantes à l’intérieur, rythmées par la course du soleil. La nuit, la masse devient lumineuse, émettant une clarté douce et diffuse, presque vibrante.Ici, la structure ne surplombe pas le terrain ; elle en prolonge les formes et les usages. La maison épouse les lignes du paysage. L’attention portée à la matière et à la circulation traduit une volonté de répondre au lieu avec une extrême précision. Le projet s’affirme dans sa sobriété : une architecture silencieuse, enracinée, façonnée par l’altitude, le climat et la mémoire du sol andin. Visuels © : Bicubik Précédent Suivant